Le concours organisé par Kedge Business School, samedi 2 mai, rassemblait plus de 40 étudiants et amateurs de vin aux connaissances déjà affûtées. Un rendez-vous dans lequel se croisent les ambassadeurs de demain. « Let's go », lance David Biraud, vêtu de son col tricolore de Meilleur ouvrier de France en sommellerie. Dans la superbe salle de réception du château d'Yquem, à Sauternes, les 45 nez des 15 équipes de trois personnes plongent aussitôt dans les deux premiers verres de ce concours de dégustation à l'aveugle.
Samedi 2 mai, de grandes écoles françaises et internationales s'affrontaient dans le cadre de la 11e édition du concours étudiant L'Étiquette, organisé par Kedge Business School. Callixte Le Brun note à la va-vite : « Acide, beurré ? » À sa table, deux autres étudiants de Polytechnique, Guillaume Cocaul-Duverger et Timour Yildiz. Comme tous leurs concurrents, ils ont dix minutes pour trouver le pays, la région, l'appellation, le cépage, le millésime et le domaine des vins qu'ils découvrent deux par deux.
« Ça s'apprend »
Après quatre minutes d'un silence religieux, seulement troublé par le bruit mat des crachoirs en terre cuite que les concurrents reposent sur les tables, Guillaume Cocaul-Duverger demande : « Au premier, vous avez quoi ? » « J'ai de l'alcool, surtout, il était plus fort », répond Callixte Le Brun. « Vous sentez le lait, là ? » interpelle Timour Yildiz. Tous ont à peine 20 ans et déjà les codes et le vocabulaire de ce monde à part des grands amateurs de vin. « Avant de connaître, ça me paraissait improbable ces noms sur les odeurs, mais ça s'apprend », confie Timour. « Quand on parle de silex par exemple, c'est vraiment le cas, ça rappelle vraiment l'odeur de deux silex que l'on vient frotter. »
Quarante-cinq élèves, dont des Britanniques, des Canadiens et des Suisses, se sont retrouvés au château d'Yquem. Ces concours « incitent les jeunes à comprendre le vin, le déguster, le consommer », se réjouit David Biraud. HEC Paris, ENS, Ensta, AgroPariTech, mais aussi Oxford et Cambridge, les deux universités britanniques qui poussent jusque dans le vin leur rivalité, ou encore les Canadiens de McGill et les Suisses de l'école hôtelière de Lausanne, les meilleures écoles françaises et internationales sont représentées dans le parterre de jeunes hommes et femmes en costume ou tailleur. Tous font partie des clubs de dégustation de leurs écoles, à l'image des trois polytechniciens, entrés dans le vin un peu par hasard et qui ont appris des anciens de leur cursus.
« Être ensemble »
À la table d'à côté, Étienne Delort, Antonin Tremblay et Malik Boufhal boudent ostensiblement le crachoir et débattent de ce qu'ils savourent. « C'est droit de fou. Quand c'est droit comme ça, pour moi c'est du pinot », estime Étienne Delort. « On se prend des tanins, gros », commente-t-il encore un peu plus tard. Eux aussi ont rejoint l'association étudiante d'œnologie TAnin de leur école d'ingénieurs, l'Ensta. Elle organise des dégustations tous les jeudis. « On appelle ça des entraînements. On y allait pour le plaisir et on s'est pris au jeu », raconte Antonin Tremblay. « On aime être ensemble », ajoute Malik Boufhal. « Goûter de bons vins dans de beaux endroits », prolonge Étienne Delort.
Le trio a été moins en réussite qu'au mois de mars, quand ils avaient gagné le concours organisé chez Ruinart par AgroPariTech, dont l'équipe venue en Gironde a cette fois-ci décroché la palme. Ces concours « incitent les jeunes à comprendre le vin, le déguster, le consommer », se réjouit le sommelier David Biraud, également directeur de la Kedge Wine School. « Ce sont des amoureux du produit et les ambassadeurs de demain, on a besoin d'eux. »



