Une mobilisation gastronomique d'exception sur la Côte d'Azur
La prestigieuse Maison Bacon, institution emblématique du cap d'Antibes, a récemment ouvert ses portes pour une cause gastronomique de premier ordre. L'établissement a accueilli un dîner de soutien exceptionnel dédié à Maxence Baruffaldi, le talentueux candidat français qui s'apprête à représenter la nation lors de la finale mondiale du Bocuse d'Or prévue en janvier 2027. Cette soirée caritative avait pour objectif principal de récolter des fonds nécessaires à la préparation de cette compétition culinaire internationale prestigieuse.
Une brigade éphémère réunissant l'excellence française
Les cuisines de la Maison Bacon se sont transformées en quartier général opérationnel pour l'occasion, rassemblant une impressionnante brigade éphémère composée de grands noms de la gastronomie française et de jeunes apprentis prometteurs venus de Grasse et de Nice. La coordination de cet événement a été assurée par Philippe Joannès, meilleur ouvrier de France en 2000 et chef associé de l'établissement, tandis que le chef hôte n'était autre que Nicolas Davouze, lui-même sacré Bocuse d'Or France en 2015.
Parmi les chefs étoilés présents figuraient également Julien Roucheteau, meilleur ouvrier de France 2019 œuvrant à La Réserve de Beaulieu, ainsi que Nicolas Rondelli, chef des Pêcheurs au Cap d'Antibes Beach Hôtel. Le chef pâtissier Jean-Michel Llorca du restaurant Alain Llorca à la Colle-sur-Loup complétait cette impressionnante délégation culinaire, ces deux derniers ayant d'ailleurs reçu le jour même un trophée Gault et Millau Provence Alpes Côte d'Azur.
Une chorégraphie culinaire millimétrée
L'atmosphère qui régnait dans les coulisses de la Maison Bacon contrastait fortement avec le panorama méditerranéen environnant. Alors que la vue incitait à la rêverie, l'intérieur vibrait d'une concentration intense et d'une rigueur absolue. Le lundi 30 mars, une trentaine de professionnels se sont rassemblés pour le briefing d'avant-service, écoutant religieusement les instructions précises concernant le service des huit plats qui seraient présentés aux quatre-vingt-dix convives attendus.
Chaque chef avait préalablement dressé une assiette témoin de sa création, exposée comme une œuvre d'art éphémère sur le comptoir. Julien Roucheteau, penché sur ses asperges avec une concentration redoutable, mesurait méticuleusement chaque légume à l'aide d'une règle d'école. « L'assiette mesure seize centimètres. Si on veut que ça soit bien fait et que ça rentre, on doit mesurer », expliquait-il avec une précision caractéristique de l'excellence gastronomique française.
Transmission et engagement au-delà du prestige
Au-delà de l'aspect prestigieux de la soirée, les chefs participants ont souligné la dimension humaine et pédagogique de leur engagement. Philippe Joannès a insisté sur le fait que « dans ce métier, des concours on en fait tous les jours », rappelant que la quête de perfection fait partie intégrante du quotidien des professionnels de la gastronomie, indépendamment des événements exceptionnels.
Nicolas Davouze, quant à lui, a évoqué avec humilité sa motivation : « C'est juste une petite pierre à l'édifice que je pose pour l'accompagner », faisant référence à son soutien à Maxence Baruffaldi. Le chef hôte a également souligné le « travail colossal » que représentait l'organisation d'un tel dîner en plus des obligations quotidiennes du restaurant.
La relève gastronomique à l'honneur
Dix-huit apprentis issus de l'École Jeanne et Paul Augier de Nice et du lycée professionnel Francis de Croisset à Grasse ont activement participé à cet événement, loin de faire de simple figuration. Ces jeunes bénévoles, sélectionnés parmi de nombreux volontaires, ont été impliqués dans le dressage, le service et la préparation culinaire, bénéficiant ainsi d'une expérience professionnelle exceptionnelle aux côtés de mentors prestigieux.
Louna, une apprentie de dix-huit ans, a partagé son enthousiasme : « Ce sont nos professeurs qui nous ont proposés et on a sauté sur l'occasion ». Face aux clichés concernant l'intérêt des jeunes générations pour les métiers de bouche, les apprentis ont répondu avec une franchise désarmante : « Dire qu'on ne veut pas travailler, c'est idiot. On veut juste pouvoir le faire dans de bonnes conditions ».
Une soirée magique aux couleurs de la France
À vingt heures, les convives se sont installés sur la terrasse face à la mer, tandis que les derniers reflets du soleil disparaissaient à l'horizon. Pour couronner cette soirée de soutien, le Fort Carré s'est illuminé aux couleurs du drapeau tricolore, apportant symboliquement son soutien à la Team France pour la finale mondiale du Bocuse d'Or. Cette image forte a marqué l'aboutissement d'une mobilisation gastronomique qui dépasse largement le cadre d'un simple dîner, incarnant l'esprit de transmission, d'excellence et de solidarité qui anime la communauté culinaire française.



