Un chef pâtissier étoilé en quête du titre national
Adrien Salavert, le chef pâtissier talentueux du restaurant étoilé Les Belles Perdrix, rattaché au prestigieux Château Troplong Mondot à Saint-Émilion, s'apprête à vivre un moment crucial de sa carrière. Les 18 et 19 mars prochains, il affrontera la finale du Championnat de France du dessert à Gérardmer, dans le département des Vosges. Pour ce natif de Rouffignac-Saint-Cernin-de-Reilhac en Dordogne, il s'agira de sa troisième participation à cette compétition d'envergure nationale.
Une trajectoire ascendante vers la victoire
« Ce sera ma troisième finale. En 2017, j'ai terminé à la 5e place, et en 2023, j'ai obtenu la 4e position. Je suis peut-être un peu fou, mais j'y retourne avec détermination », confie le pâtissier avec franchise. Il ajoute : « C'est un défi considérable qui exige à chaque fois une remise en question complète, des heures d'entraînement intensif et un investissement personnel total ». Sa qualification pour cette finale nationale découle directement de sa victoire lors de la finale régionale Centre-Ouest qui s'est déroulée en Vendée au mois de janvier.
Le processus de sélection a été rigoureux : « Il fallait déposer un dossier début décembre, la convocation est arrivée mi-décembre et la compétition régionale a eu lieu le 8 janvier », précise-t-il. Lors de cette épreuve régionale, les participants devaient réaliser une dizaine d'assiettes identiques en seulement trois heures. « Les assiettes doivent être parfaitement similaires, chaque détail compte. Dans ce laps de temps, c'est un véritable sprint », témoigne Adrien Salavert.
Une préparation méticuleuse et une philosophie culinaire
Pour se préparer à cette compétition exigeante, le chef pâtissier s'est entraîné quotidiennement, ne s'accordant qu'une brève pause autour du Nouvel An. « C'est comme une chorégraphie parfaitement réglée, on n'a pas droit à l'erreur », compare-t-il. Lors de la sélection régionale, il a présenté une création originale à base de kiwi, associé à de l'ortie et du fromage blanc, respectant la contrainte de ne pas reproduire un dessert déjà présent sur la carte de son établissement.
« L'idée était de mettre en valeur le potager et le verger d'hiver. Les kiwis se conservent tout l'hiver, l'ortie offre des possibilités intéressantes, et le fromage blanc évoque des souvenirs d'enfance », explique-t-il. Fidèle à ses principes, il a privilégié des produits locaux : des kiwis de Dordogne, du fromage blanc fermier d'une exploitation de Montcaret en Périgord, ainsi que du miel et des fruits secs du Lot-et-Garonne pour le granola.
Une finale nationale aux défis multiples
La finale nationale présente un format encore plus exigeant. « C'est un autre niveau de difficulté. Nous devons reprendre notre dessert de sélection en l'améliorant, puis affronter un panier surprise dont nous prenons connaissance seulement trente minutes avant l'épreuve », détaille le pâtissier. La difficulté supplémentaire réside dans l'obligation d'intégrer une recette imposée – qui peut être un baba, des crêpes ou toute autre préparation – à l'ensemble des dix assiettes identiques à réaliser en cinq heures.
« Le temps passe extrêmement vite dans ces conditions », observe Adrien Salavert. « Cela demande du sang-froid et une capacité de réflexion accélérée. C'est une question de méthode, de technique et d'agilité mentale pour rebondir face aux imprévus ». Il souligne que les concurrents – huit au total – sont principalement des chefs pâtissiers d'établissements étoilés, ce qui promet une compétition de très haut niveau.
La pression et les aléas de la compétition
L'épreuve comporte également une part d'imprévu avec l'attribution aléatoire d'un commis pour assister chaque participant. « En 2023, j'avais une commis qui avait remporté son propre concours, et elle est ensuite venue deux ans en apprentissage au restaurant », se souvient le chef pâtissier. La symbiose entre le chef et son assistant doit s'établir rapidement pour optimiser les chances de réussite.
La pression sera maximale lors de cette finale : « Nous connaissons la pression du service en restaurant, mais pas à ce niveau, avec un public qui nous observe. Chaque détail compte : la présentation, le respect des temps... Tout peut faire perdre des points précieux ». Le prestige du jury, présidé par Michael Bartocetti, chef pâtissier du Georges V à Paris, ajoute à l'enjeu.
Malgré ces défis, Adrien Salavert garde une perspective équilibrée : « Ma vie et mon poste au restaurant ne sont pas en jeu, pas plus que la confiance de mon chef. J'espère simplement valider une année de travail intense et d'engagement ». Son objectif reste cependant clair : « Je suis comme tout compétiteur, on ne va pas en finale pour se promener. Mon ambition est clairement de gagner ».



