Antoñete décroche sa troisième Oreille d'or au Bouscat en 1956
Antoñete, troisième Oreille d'or au Bouscat en 1956

Antoñete, une idole des arènes du Bouscat en 1956

Le dimanche 1er juillet 1956, dans les arènes du Bouscat, le torero Antoñete, figure majeure des années 1950, a décroché sa troisième Oreille d'or, consolidant son statut d'idole locale. Cette corrida traditionnelle, disputée devant une plaza comble par une journée orageuse, n'a pas atteint le brillant résultat de l'année précédente, mais a été marquée par l'excellente prestation d'Antoñete, tandis que ses deux camarades, Manolo Vázquez et Jumillano, sont restés dans l'ombre.

Une performance dominante face à un bétail inégal

Le lot de toros de don Juan Pedro Domecq, bien en chair et très armé, à l'exception du premier, n'a pas affiché la noblesse attendue. Antoñete, avantagé au sorteo, a reçu les meilleurs animaux, les troisième et sixième, lui permettant de briller. Il a abordé ses adversaires dès leur sortie du toril, exploitant leur énergie pour un travail de capa appliqué, particulièrement réussi avec le sixième.

Face à son premier toro, Antoñete n'a utilisé que la main droite, prétextant une mauvaise arrancada de l'animal. Sa faena, basée sur des derechazos, a impressionné le public malgré un manque de cohésion. Une demi-estocade entière et efficace a mis fin au combat, lui valant deux oreilles et un tour de piste acclamé.

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Avec le dernier toro, le trasteo a été de meilleure qualité, avec des naturelles de la gauche admirablement dessinées, liées et variées. Antoñete a toréé avec chic et sang-froid, en grand maestro. Une estocade entière légèrement de côté a achevé l'animal, déclenchant une ovation délirante et l'octroi de deux oreilles, ainsi que l'Oreille d'or pour la troisième fois.

Les camarades éclipsés par la performance d'Antoñete

Manolo Vázquez, tombé sur les toros les moins faciles, n'a pas réussi à s'imposer. Il a lutté vainement avec son premier toro, complètement aplomado, et n'a sauvé la situation que par un descabello en fin de temps réglementaire. Face au quatrième, son talent n'a percé que brièvement dans trois véroniques, avant qu'une estocade mal placée ne lui vaille une bronca sévère.

Jumillano, remplaçant d'Ordóñez blessé, a profité de la noblesse de son premier toro pour une faena acceptable, mais n'a pas su dominer l'animal, utilisant cinq estocades douteuses et deux descabellos pour en venir à bout, laissant le public froid. Avec le cinquième toro, éteint, il a paru désemparé et a tué d'une estocade maladroite, sifflée par les spectateurs.

Contexte et résultats de la corrida

Les picadors ont été convenables malgré les critiques du public, et les banderilles ont été assurées par Gabriel González. La présidence était tenue par M. Dorriotz, assisté de M. J. Brettes, président de la Peña taurine bordelaise, et de M. Larran, président du Toro-Sport.

Le dépouillement des votes a confirmé la supériorité d'Antoñete avec 4 320 voix, loin devant Manolo Vázquez (327 voix) et Jumillano (215 voix). Cet événement est documenté dans le livre Un Siècle de corridas : les plus belles chroniques par Marc Lavie aux Éditions Sud Ouest, offrant un plongeon dans les archives régionales qui marquent la mémoire collective depuis 80 ans.

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