Gérard Réthoré, opticien et écrivain sétois, publie « L’Odyssée d’Arsène », un livre qui rassemble 220 photographies en noir et blanc prises par son beau-père Arsène Chavin entre le 20 et le 23 août 1944, lors de la destruction de Sète par les troupes allemandes. Cet ouvrage, édité par la Société d’études historiques et scientifiques de Sète, est disponible à partir du 27 août. Les bénéfices des ventes seront reversés aux œuvres sociales de la Ville, au prix de 20 euros.
Un témoignage unique sur la destruction de Sète
Arsène Chavin, opticien et photographe, a arpenté les rues, quais, ponts et ports dynamités de Sète avec son appareil Kodak Retinette. Ses clichés, pris pendant la Libération, montrent la ville « outragée et martyrisée ». Gérard Réthoré, son gendre, a travaillé trois ans sur ce projet pour livrer ce témoignage unique, en s’appuyant sur les documents de guerre et les plans de Sète de l’époque.
« Au départ, j’ai offert des copies des photos à certaines personnes que je pensais intéressées. Je me suis aperçu que, pour que ce soit vivant, il fallait raconter une histoire », explique Gérard Réthoré. Il a donc imaginé le récit en suivant la chronologie de l’itinéraire de son beau-père, du 20 au 23 août 1944.
La vie à Sète sous l’occupation et les deux phases de destruction
Gérard Réthoré relate que la vie sous l’occupation était difficile : « Les gens manquaient beaucoup, surtout de nourriture. Comme dans toute ville occupée, il fallait faire vraiment attention. Il y avait des zones interdites et la police allemande patrouillait. » Il précise que Sète a subi deux phases de destruction. La première fut le bombardement des Alliés sur la gare, qui a tué une quarantaine de personnes. « Et encore, c’est une chance que ça ait eu lieu un dimanche ; en semaine ça aurait été un vrai massacre », souligne-t-il.
La seconde phase a été la démolition par mines après le débarquement de Provence. Les Allemands, avant d’évacuer, ont dynamité une grande partie de la ville. Gérard Réthoré évoque le témoignage du directeur de la cave Dubonnet, qui a évité la propagation des mines sur le quai Vauban, actuel quai du Pavois d’or.
Un livre pour la mémoire et la transmission
Gérard Réthoré, passionné d’histoire, insiste sur l’importance de transmettre : « Je veux transmettre pour que la mémoire perdure. Je trouve dommage que ça puisse être oublié alors qu’il y a des témoins qui ont été là, qui ont vécu tout ça. » Il constate que beaucoup de personnes ignorent l’ampleur de la destruction de Sète.
L’auteur, qui n’est pas Sétois d’origine, entretient une relation intime avec la ville : « J’ai une relation très intime avec cette ville que j’aime beaucoup. Dès qu’il y avait un évènement, j’essayais d’en conserver les traces. » Il a d’ailleurs donné les droits des photos de son beau-père à la Ville, car « ça appartient à l’Histoire de la ville ».
Le livre « L’Odyssée d’Arsène » est disponible à partir du 27 août dans les locaux de la Société d’études historiques et scientifiques de Sète, au premier étage du 2 bis rue Alsace-Lorraine. Les bénéfices des ventes seront reversés aux œuvres sociales de la Ville, au prix de 20 euros.



