Après près de 30 années d'existence, le festival cubain Bayamo, implanté à La Seyne-sur-Mer, tire sa révérence. Lancé en 1997 par l'association éponyme, cet événement gratuit et populaire rassemblait chaque été des milliers de spectateurs au parc de la Navale, autour de concerts d'artistes de renom et de la culture cubaine. La nouvelle, annoncée dimanche soir par ses fondateurs sur les réseaux sociaux, a suscité une vive émotion parmi les aficionados, dont certains venaient parfois de loin pour ces soirées estivales.
Une décision difficile face aux baisses de subventions
Marie-Hélène et Jorge Jimenez Perez, respectivement présidente et fondateur du festival, ont expliqué que la décision a été motivée par des réductions de subventions toujours plus importantes, notamment de la part du Département, qui a diminué son soutien de plus de 20 %. « Les autres partenaires – la Ville, la Métropole, la Région et quelques partenaires privés – n'auraient jamais pu compenser », a précisé Mme Jimenez Perez. Le festival, qui se distinguait par sa programmation authentique et exigeante, était entièrement gratuit depuis son installation au parc de la Navale.
Un rendez-vous ancré dans le paysage local
Historiquement installé au fort Napoléon, puis au fort Balaguier, le festival Bayamo a offert ces dernières années des soirées mémorables dans le cadre du parc de la Navale. Créé par l'association Bayamo, entièrement dédiée à la culture cubaine, il était porté par le couple Jimenez Perez, Jorge étant lui-même musicien originaire de La Havane. Le festival a su fidéliser un public nombreux, créant un lien fort autour de la musique et de la danse cubaines.
Un avenir incertain pour l'événement
La présidente de l'association se montre peu optimiste quant à une éventuelle résurrection du festival sous sa forme originelle. « Je ne le pense franchement pas, au vu de la situation actuelle du pays et du fait que les collectivités territoriales se retrouvent toujours plus amputées des dotations de l'État. C'est la triste conséquence du peu d'intérêt que porte l'État à la culture, ou en tout cas à une certaine forme de culture », a-t-elle déploré.
L'esprit cubain perdure à La Seyne
Malgré cette fin, l'esprit cubain n'a pas disparu de La Seyne. Des cours de salsa, la Peña de Bayamo (concerts ponctuels) et les concerts du dimanche après-midi à la Philharmonique de La Seyne continuent d'animer la vie locale. Mme Jimenez Perez a souligné que la Ville continue de soutenir l'association et qu'elle réfléchit à organiser des événements plus ponctuels, peut-être en partenariat avec d'autres structures. « Et pourquoi pas proposer l'année prochaine à la mairie d'organiser un seul grand et beau concert cubain ? À moins que je gagne au loto ! Alors là, j'organiserais un méga festival gratuit », a-t-elle lancé avec humour.



