Des témoignages de douaniers, des bruits marins, diffusés sur fond de musique électro… L’exposition « La douane aux frontières du large », au Musée national des douanes de Bordeaux, nous plonge dans l’univers des garde-côtes, de leur création en 1791 jusqu’à nos jours. Voici cinq choses à retenir de cette visite, qui se tient jusqu'au 22 novembre.
Des chemins douaniers aux premiers bateaux
De nombreux tableaux rappellent qu’avant de devenir des GR, les chemins de grande randonnée qui longent le littoral étaient des sentiers douaniers, servant à la surveillance des côtes. La présence de la douane en mer remonte à l’arrêt de 1719 autorisant l’armement de pataches par la Ferme générale, ancêtre de la douane. Mais le service des garde-côtes est officiellement créé en 1791, « pour pouvoir intercepter les bateaux avant qu’ils n’arrivent au port, ou effectuer des contrôles dans le cadre de la lutte contre la contrebande », explique la médiatrice culturelle du Musée national des douanes, Elvire Dufour.
En 1972, 438 kg d’héroïne saisis dans un bateau de pêche
Le service des garde-côtes s’est « véritablement structuré à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’il a fallu reconstruire une flotte de bateaux et lutter contre la contrebande de tabac qui explosait dans les années 1950 », ajoute Elvire Dufour. L’exposition relate quelques belles affaires, comme celle du Caprice des temps en 1972, en pleine « French Connection ». La douane intercepte alors 438 kg d’héroïne à bord d’un bateau de pêche au large de Porquerolles, la plus grosse saisie jamais effectuée dans le monde à l’époque. Les garde-côtes peuvent participer jusqu’à 45 missions dans dix domaines différents, du sauvetage en mer à la lutte contre la pollution maritime en passant par le contrôle des quotas de pêche.
De la pince tire-langue au fusil lance-amarre
Un des rôles méconnus de la douane est le sauvetage en mer, depuis la convention passée en 1866 avec la Société centrale de sauvetage des naufragés. L’exposition présente d’anciens objets peu communs, comme cette boîte de secours pour réanimer les naufragés, encore utilisée dans la première moitié du XXe siècle. « On y trouve notamment une pince tire-langue, qui servait à attraper la langue du naufragé pour appliquer la technique dite de la traction rythmée de la langue, consistant à tirer dessus de manière saccadée pour provoquer un réflexe de régurgitation », détaille Elvire Dufour. L’exposition montre aussi qu’avant l’hélitreuillage, les douaniers disposaient de fusils ou de pistolets lance-amarres, permettant de lancer des lignes de vie de plus de 300 mètres pour secourir les personnes en détresse.
35 bateaux et une vingtaine d’aéronefs
Les voiliers d’origine des garde-côtes sont remplacés à partir du XXe siècle par des vedettes à moteur. Des moyens aériens viennent compléter le dispositif à partir des années 1960. « Le service s’appuie désormais sur un dispositif complet de surveillance, avec quelque 35 bateaux – dont trois patrouilleurs de plus de 40 m capables de partir en haute mer et des vedettes garde-côtes –, une vingtaine d’avions et d’hélicoptères, et aussi des drones depuis 2022 », énumère Elvire Dufour. Le service des garde-côtes représente environ 850 agents, essentiellement des marins.
La France, deuxième espace maritime le plus grand au monde
La France dispose du deuxième plus grand espace maritime au monde derrière les États-Unis. Avec l’ensemble de ses territoires outre-mer, la France compte 18 450 km de traits de côtes, dont 5 853 km rien que pour la métropole. Son domaine maritime représente une superficie de plus de 10 millions de km². « Pour cela, nous déployons des moyens sur toutes les façades maritimes de métropole, ainsi que sur une partie de nos Outre-Mer (Martinique, Guadeloupe et Guyane uniquement) », conclut Elvire Dufour. L'exposition est visible jusqu'au 22 novembre au Musée national des douanes de Bordeaux, et le public pourra visiter la vedette garde-côtes « Seudre » le 7 juin.



