Trois artistes exposent au château prieural de Monsempron
Artistes en trio au château prieural de Monsempron

Francis Albert, Bertrand Chamarty et Régis Locatelli, trois amis d'enfance liés par leur jeunesse rock dans le Fumélois, se retrouvent à Monsempron-Libos pour une exposition commune. Photographies, céramiques et peintures investissent le patrimoine médiéval afin d'interroger le monde contemporain et l'héritage industriel de la région.

Une amitié artistique de longue date

En septembre 2004, les trois artistes montaient leur première exposition conjointe à l'ancienne piscine du stade Henri-Cavallier à Fumel. Ce lieu, bien qu'emblématique, était peu conventionnel pour une exposition d'art. Après cette expérience, ils se sont retrouvés en 2025 à Penne-d'Agenais. Depuis le 16 mai, ils occupent l'espace du château prieural de Monsempron, un haut lieu de l'art sur le territoire. « Entre la piscine abandonnée et ce patrimoine médiéval remarquable, on aurait eu les plus beaux lieux pour nous », s'amusent les trois complices, qui ne semblent jamais se prendre au sérieux. Leur pratique artistique est pourtant très réfléchie et profonde, tant dans la technique que dans la conception de leur art.

Un questionnement commun

Ce qui les rapproche, même s'ils ne le recherchent pas consciemment, est un questionnement permanent du monde actuel et une quête que l'on pourrait qualifier de métaphysique. Les photos de Régis Locatelli peuvent être appréciées pour leur seule beauté indéniable. Le photographe, aussi talentueux soit-il pour capturer la ligne efficace et l'éclairage adéquat, interroge sur l'avenir avec ses clichés de l'usine abandonnée et surtout ceux de personnes en errance, égarées, écrasées par une architecture rigide.

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Bertrand Chamarty ne recherche aucunement l'esthétisme dans ses céramiques. Ses boîtes, stèles ou décorations murales ouvrent sur des références historiques, comme les urnes étrusques, ou religieuses, bien qu'elles soient totalement désacralisées. Les peintures de Francis Albert frappent par leurs couleurs éclatantes, parfois à la limite de l'agressivité. D'inspiration expressionniste, parfois surréaliste, elles s'interrogent, comme les photos de Régis, sur l'héritage du monde industriel, présentent des personnes « coincées », prisonnières d'on ne sait quoi, ou proposent aux visiteurs un patchwork de réflexions.

L'exposition est ouverte les mercredis, vendredis, samedis et dimanches, de 15 à 18 heures, jusqu'au 6 juin.

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