L'organisateur désavoué du Festival international de la BD d'Angoulême (FIBD) laisserait 1,6 million d'euros de créances. Sa mise en liquidation n'éteint pas une autre action en justice. Il s'estime toujours victime de « concurrence déloyale et parasitisme ».
Une polémique qui persiste
Inutile de se perdre en polémique : l'association du FIBD et son prestataire privé depuis 2007, la société 9eArt +, ont été désavoués par l'ensemble des auteurs et des éditeurs. Le fait, incontestable, a conduit au naufrage que l'on sait. Mais ont-ils été évincés et spoliés ? Font-ils vraiment l'objet de « concurrence déloyale » et de « parasitisme » ? Ont-ils raison d'attaquer l'association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême (ADBDA), cette structure collégiale à qui les pouvoirs publics et l'ensemble de la profession ont demandé d'organiser une nouvelle manifestation en 2027 et les années suivantes ?
Rendez-vous le 1er juillet
Ces questions devaient être enfin soumises au tribunal d'Angoulême, ce mercredi matin, lors d'une procédure de référé. Comme le 18 mars et le 15 avril, l'audience a encore été reportée, à la demande cette fois des parties assignantes. Rendez-vous a été donné le 1er juillet, mais pas dans la même configuration.
Un fait nouveau complique la donne : le 7 mai, le tribunal de commerce a placé 9eArt + en liquidation judiciaire. Cela n'éteint pas la procédure de référé. Aucun contentieux n'est réglé. Il appartient désormais au liquidateur de poursuivre ou non l'action en cours. « La mandataire nommée est désormais la seule cheffe. Elle prendra la décision opportune après avoir rencontré Franck Bondoux début juin. Je précise que ce dernier n'est plus le dirigeant légal de 9eArt + », explique Me Élodie Dujon, l'avocate de l'association du FIBD.
Des créances de 1,6 million d'euros
Interrogé ce jour, Franck Bondoux déclare à « Sud Ouest » que la procédure en référé est « déjà financée » et que « son issue pourrait aider au recouvrement des créances » évaluées à 1,6 million d'euros. « Cela correspond aux frais engagés dans la préparation de l'édition 2026 annulée », confirme l'ancien patron et délégué général du FIBD, qui déplore une « casse sociale dont personne ne s'est ému ». Il indique avoir dû licencier une dizaine de salariés et se séparer d'une vingtaine de collaborateurs indépendants.



