Dans l'Eure, une poétesse ouvre un cabinet d'écriture en pleine nature
Dans l'Eure, la poétesse Mélanie Leblanc marche et écrit

Mélanie Leblanc, ancienne professeure de français et de cinéma au lycée Léopold-Sédar-Senghor d'Évreux (Eure), a quitté l'enseignement pour se consacrer à la poésie. « J'ai eu la chance d'être publiée dès mon premier recueil chez Cheyne Éditeur, puis Le Castor Astral et chez Les Venterniers qui fabrique ses livres à la main. Depuis, j'en vis complètement et c'est exceptionnel », confie-t-elle.

Une méthode née sur le Chemin de Compostelle

L'Ebroïcienne d'adoption, qui a grandi à Fécamp (Seine-Maritime), n'a pas voulu s'enfermer dans un cabinet d'écriture. Elle a préféré ouvrir sa créativité au fil des pas. C'est sur le Chemin de Compostelle qu'elle a rédigé en dix ans ses onze ouvrages. « Marcher au contact de la nature est très important pour mon écriture, que ce soit avec un carnet ou un ordinateur. Cela amène à la réflexion philosophique, de l'intimité et du rythme entre la marche et la poésie », explique-t-elle.

Des ateliers pour tous

Aujourd'hui, Mélanie Leblanc partage sa méthode « sensorielle » lors d'ateliers d'écriture sur des sentiers de randonnée. Enseignante dans l'âme, elle a eu envie de transmettre sa vision « sans être dans un raisonnement élitiste ». Elle propose des ateliers inédits où les participants écrivent en marchant.

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« En plus de mes lecteurs, je partage mes poèmes avec des bébés, des élèves, des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou encore dans le milieu carcéral. La liberté caractérise la poésie. J'ai besoin d'aller dehors et de rencontrer les gens », souligne-t-elle.

Démocratiser la poésie

C'est en enseignant que Mélanie Leblanc a pris conscience que la poésie « est accessible à tous ». « C'est très populaire auprès des jeunes. J'ai vu que les plus fragiles avec la syntaxe pouvaient écrire de la poésie. Je pense que c'est une façon d'être qui ne requiert pas forcément des compétences intellectuelles, car on a tous un cœur, des émotions, des sensations et bien sûr la langue, et là, il y a une inventivité. Je ne veux donc pas enfermer la poésie dans une définition et encore moi dans une pièce », affirme-t-elle.

À la demande de librairies ou d'établissements scolaires, comme dernièrement avec un lycée parisien dans le bois de Vincennes, « les personnes viennent chercher la libération de la créativité. Oser expérimenter de prendre le temps d'être attentif. Une forme de liberté face à un monde capitaliste, car marcher et écrire, c'est gratuit. J'aime ce côté indépendant », conclut la poétesse.

Le prochain rendez-vous est prévu les 3 et 4 juillet avec la librairie Les Vagues à Houlgate (Calvados).

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