Alors que la maison d'édition Grasset est sous le feu des critiques pour avoir publié un essai de Jordan Bardella, des auteurs en rupture de ban s'organisent pour que leurs droits d'auteur ne servent pas à financer la campagne du président du Rassemblement national. Dans une lettre ouverte, une vingtaine d'écrivains expriment leur refus catégorique de voir leurs œuvres utilisées à des fins politiques contraires à leurs valeurs.
Une mobilisation inédite
Cette initiative, lancée par des auteurs de renom, vise à protéger l'intégrité de leur travail. "Je ne veux pas que les droits de mes livres servent à financer la future campagne de Jordan Bardella", déclare l'un d'eux. Ils réclament la possibilité de reverser leurs droits à des associations ou de bloquer leur utilisation par le parti d'extrême droite.
Les réactions de la maison d'édition
La direction de Grasset, pour l'instant, reste silencieuse. Mais cette fronde interne met en lumière les tensions croissantes entre les impératifs commerciaux et les convictions des auteurs. Certains évoquent même la possibilité de quitter la maison si aucune solution n'est trouvée.
Cette affaire intervient dans un contexte où plusieurs éditeurs sont accusés de faire le jeu de l'extrême droite en publiant des figures politiques sans prendre en compte les conséquences. Les auteurs en rupture de ban espèrent ainsi créer un précédent et inciter d'autres maisons d'édition à adopter une charte éthique.
La question de l'argent et de la politique agite le monde littéraire. Les droits d'auteur, souvent perçus comme une récompense pour un travail créatif, deviennent ici un enjeu politique majeur. Les auteurs refusent d'être complices, même involontairement, de la promotion d'idées qu'ils combattent.



