200 écrivains se mobilisent à Paris pour défendre leurs droits face à Bolloré
200 écrivains se mobilisent pour leurs droits face à Bolloré

Mobilisation inédite des écrivains français

Quelque 200 écrivains se sont rassemblés mercredi à Paris pour affirmer leur volonté de défendre leurs droits dans la crise ouverte par le limogeage du PDG de la maison d’édition Grasset, qu’ils imputent à l’homme d’affaires Vincent Bolloré. « Il y a une très grande énergie pour mener un combat en commun », a déclaré la romancière Colombe Schneck à l’issue de cette rencontre de plus de deux heures au théâtre de la Concorde. « C’était un moment de réunion assez joyeuse. Nous, les écrivains, n’avons pas l’habitude de nous rassembler, nous sommes plutôt individualistes et indépendants. Mais nous avons réalisé l’importance de se battre ensemble » car « la situation est grave », a-t-elle ajouté.

Pour la romancière Anne Berest, l’une des organisatrices, cette rencontre, inédite dans l’histoire récente de l’édition, « participe de l’idée d’une vie intellectuelle française qui se réveille toujours à l’aube des dangers politiques ». « On s’est réveillé pour dire qu’on commence à avoir peur », selon elle. Les organisateurs ont notamment annoncé le lancement d’un site internet pour mieux communiquer et faire connaître leur lutte, ainsi que le projet d’un livre collectif.

Une clause de conscience réclamée

Cette rencontre intervient un mois après l’annonce du limogeage d’Olivier Nora, le PDG emblématique de Grasset depuis 26 ans, en raison d’un désaccord avec la direction d’Hachette, maison mère de la maison d’édition, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Choqués par cette décision, quelque 200 auteurs publiés ou ayant été publiés par Grasset ont affirmé leur refus de publier de nouveaux livres chez cet éditeur. Plusieurs centaines d’écrivains ont également réclamé une meilleure protection de leurs droits et la création d’une clause de conscience dans l’édition, comme elle existe dans les médias.

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Des avocats et des politiques présents

En réponse, Vincent Bolloré a dénoncé le « vacarme » d’une « petite caste qui se croit au-dessus de tout et de tous », et assuré que Grasset « continuera » en dépit du départ de nombreux écrivains. La maison d’édition doit publier le 2 juin le nouveau livre de Boualem Sansal, « La légende », sur sa détention en Algérie. Des avocats, des représentants des librairies indépendantes et d’autres sociétés dans le giron de Bolloré, telles que Prisma, ainsi que des parlementaires ont participé à la rencontre pour faire le point sur les initiatives prises en soutien aux auteurs. La sénatrice socialiste Sylvie Robert a notamment expliqué pourquoi elle avait déposé une « loi d’urgence » pour les protéger face « aux dérives qui accompagnent la concentration éditoriale ».

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