Un nouveau visage pour John Creasy
Difficile de faire oublier Denzel Washington. Ou de supporter la comparaison. C’est pourtant la tâche à laquelle s’est attelé Yahya Abdul-Mateen II. Le comédien de 39 ans, remarqué pour ses performances dans Watchmen (pour laquelle il a reçu un Emmy Award en 2020), The Get Down ou Wonder Man, succède à son aîné dans le rôle-titre de Man on Fire, disponible sur Netflix depuis le jeudi 30 avril.
Après deux adaptations au cinéma, dont celle, devenue culte, de Tony Scott avec Denzel Washington (2004), le thriller éponyme d’A. J. Quinnell est cette fois décliné en série, qui offre sept épisodes explosifs à son héros John Creasy pour sauver une adolescente en détresse, son âme blessée et le Brésil. Dans cet ordre.
Un vétéran traumatisé en mission
Après avoir perdu tous ses coéquipiers dans une opération qui a très mal tourné, ce vétéran des forces spéciales américaines souffre d’un sévère syndrome de stress post-traumatique, qu’il soigne à rasades d’alcool. Un ancien partenaire le tire de sa dépression en lui proposant un job dans sa société de sécurité à Rio de Janeiro.
Mais à peine engagé sur le chemin de la guérison, un attentat meurtrier replonge John Creasy dans l’enfer des opérations sous haute tension. Sa mission : protéger la fille d’un défunt ami. Son serment : identifier les responsables de la mort de ce dernier et se venger. Son mantra : ne jamais se laisser distraire par ses émotions.
Action et émotion malgré tout
Car John Creasy n’est pas là pour s’attacher. Encore moins pour rigoler. D’ailleurs, il ne sourit jamais. Il est là pour tout faire péter, en particulier les rotules des criminels qu’il n’hésite pas à torturer avant de les achever. De quoi fournir à chaque épisode son lot de bastons, d’hémoglobine et d’adrénaline, propres à satisfaire les fans d’action. Voire d’émotion.
Car malgré tous ses efforts, John Creasy se laisse attendrir par sa jeune protégée et l’équipe hétéroclite qu’il a réunie – y compris malgré lui – : une chauffeuse de taxi, deux voyous des favelas, le fils d’un oligarque russe accro aux sensations fortes. Cette « Agence tous risques » version 2026 fait face aux complots, retournements de situations (trop) attendus et autres dangers qui entravent sa croisade vengeresse et fournissent au passage sa dose de suspense au récit. On aime quand les plans se déroulent sans accrocs, hélas, ceux de Man on Fire, qui essorent toutes les ficelles des séries d’action, en comportent bien trop pour convaincre.
Man on Fire, saison 1 (Netflix). De Kyle Killen, avec Yahya Abdul-Mateen II, Billie Boullet, Alice Braga… 7 x 55 min.
« Widow’s Bay » : une série horrifique pour frissonner de plaisir
« Un mélange entre Les Enfants du maïs [une nouvelle de Stephen King, NDLR] et Les Goonies. » C’est ainsi que Matthew Rhys (The Americans, The Beast in Me) décrit la réjouissante comédie horrifique dont il est le héros, disponible sur Apple TV depuis le mercredi 29 avril. Le brillant comédien britannique y démontre un talent comique inattendu dans le rôle du maire opiniâtre et peu respecté de Widow’s Bay, une île isolée de la Nouvelle-Angleterre dépourvue de réseau mobile et de wi-fi.
La raison du désamour des quelque 3 000 administrés de Tom Loftis ? Sa couardise – avérée – et son refus – obstiné – de prêter oreille à leurs croyances : l’île serait maudite. Ses habitants seraient condamnés à y rester ou à périr s’ils la quittent, un brouillard fatal s’y lèverait parfois, avalant ceux qui s’y laisseraient prendre… entre autres calamités.
Foutaises, selon l’édile, qui rêve de voir Widow’s Bay accueillir des touristes et s’ouvrir à la modernité. Mais quand il atteint son but, grâce à un article providentiel du New York Times, d’étranges événements viennent refroidir son enthousiasme… Et questionner sa sacro-sainte rationalité.
Si le mauvais sort s’acharne sur l’infortuné Tom Loftis, de bonnes fées se sont penchées sur le berceau de cette pépite. Leur nom ? Katie Dippold, sa créatrice (qui a aiguisé son sens de l’humour en exerçant comme scénariste de Parks and Recreation), et Hiro Murai, l’un de ses réalisateurs (salué pour ses mises en scène soignées, notamment dans Atlanta et The Bear). Tous deux offrent à la série son atmosphère remarquable et son ton, qui mêle habilement l’absurde à la peur.
Multipliant les clins d’œil aux classiques du genre, et hantée par une brochette de fantastiques acteurs, Widow’s Bay est la destination idéale pour les sériephiles, amateurs ou non d’horreur !
Widow’s Bay, saison 1 (Apple TV). De Katie Dippold, avec Matthew Rhys, Kate O’Flynn, Stephen Root… 10 x 45 min.
Une info en plus : le spin-off de « The Big Bang Theory » bientôt diffusé
Très attendue par les fans, Stuart Fails to Save the Universe, la nouvelle série de Chuck Lorre qui réinvestit l’univers de The Big Bang Theory avec certains de ses personnages, sera diffusée en juillet sur HBO Max.
Le pitch ? En cassant un appareil conçu par Sheldon et Leonard, Stuart Bloom, le propriétaire maladroit et déprimé de leur librairie de comics préférée, a bouleversé les réalités des multiples univers. Il tente alors de rétablir l’ordre avec l’aide de sa petite amie Denise, de son copain géologue Bert et de Barry Kripke, un physicien quantique moqueur et arrogant.



