Le réalisateur Xavier Dolan, lauréat du Humann Impact Prize remis dans le cadre de la Semaine du cinéma positif, a rencontré son public jeudi à la Fnac de Cannes. Soixante-dix personnes, sélectionnées parmi trois cents demandes, étaient présentes sur la terrasse pour échanger avec le cinéaste canadien, qui continue de fasciner malgré sa volonté de prendre du recul.
Un prix pour l'impact artistique
Avant cette rencontre, Dolan avait rendu visite aux lycéens de l'Institut Stanislas et reçu le Humann Impact Prize à la villa Time France, décerné par la Fondation No More Plastic. Ce prix salue « l'impact exceptionnel de l'œuvre artistique de Xavier Dolan et la manière singulière avec laquelle il a marqué la culture contemporaine par le cinéma, imposant une écriture cinématographique d'une intensité émotionnelle rare, portée par une grande liberté artistique et une exploration profondément humaine de l'identité, de l'amour, de la vulnérabilité et des liens familiaux ».
Le Grand prix, une blessure persistante
À 37 ans, Dolan n'en est pas à sa première récompense cannoise. Depuis ses débuts à la Quinzaine des réalisateurs en 2009 avec J'ai tué ma mère jusqu'au Grand prix pour Juste la fin du monde en 2016, il est devenu un chouchou du festival. Pourtant, cet épisode reste douloureux. « C'était un moment dur à vivre. Tout le monde ne se souvient que du Grand prix, mais moi je me souviens de l'indignation des journalistes qui écrivaient que c'était le pire film depuis des dizaines d'années. Il y avait des tweets très agressifs. Même aujourd'hui, en parler perpétue cette idée que je n'en suis jamais vraiment revenu », confie-t-il. Il ajoute : « Quand c'est comme ça, on ne regarde pas les récompenses. On cherche à être validé par ceux qui nous rejettent, et on n'accorde aucune importance à la validation de ceux qui nous accueillent. C'est malheureux, mais c'est comme ça. »
Mommy, le certificat de légitimité
Le lien de Dolan avec Cannes a toujours été intense. « Un ami m'avait offert un livre sur Cannes, avec des photos glamour. Mais ce qui m'a donné envie d'y venir, c'était de voir le logo du Festival au début des films que je louais au vidéoclub », raconte-t-il. Il estime avoir gagné sa légitimité avec Mommy, Prix du jury en 2014. « J'ai senti que j'avais la permission d'être là, de ne pas douter. C'était très heureux, car après, je pouvais faire autre chose, aller ailleurs. »
Nouveau projet en préparation
Après avoir annoncé sa retraite, Dolan a travaillé pour la télévision, signé un clip pour Elton John et joué dans L'Inconnu de la Grande Arche, obtenant une nomination aux César. Il travaille désormais sur un thriller psychologique mêlant horreur et comédie, situé en 1895 en Normandie.



