Le retour d'une série culte des années 1990
Il existe des séries qui ont profondément marqué nos années de télévision, en particulier nos dimanches après-midi. À l'époque où le déjeuner familial touchait à sa fin et où le café trop chaud refroidissait lentement, Walker Texas Ranger faisait son entrée dans nos salons. Lancée au cœur des années 1990, cette série américaine pur jus érigeait en héros un symbole tout aussi typé, Chuck Norris, incarnation musclée d'une Amérique fière de ses valeurs traditionnelles.
Un succès durable et une renaissance inattendue
Le bilan est impressionnant : neuf saisons et 203 épisodes d'un divertissement nourri de morale bon teint et d'intrigues policières aussi goûtues qu'un plat de raviolis en boîte. Ces histoires étaient portées par une vision du monde où le bien et le mal ne faisaient guère débat, de quoi rassurer nos fins de semaine ! Vingt-six ans plus tard, dans le sillage d'un monde post-Covid en quête de repères, la chaîne américaine The CW décide de ressusciter le Texan aux chemises à carreaux.
Si le reboot est rarement un gage de qualité, la recette est éprouvée : rajeunir le héros, moderniser l'emballage et convoquer une figure séduisante du petit écran. En l'occurrence, Jared Padalecki, connu pour la série Supernatural, prend le relais. On lui colle sur le dos un drame mâtiné de mystère – la mort de son épouse dans les cinq premières minutes du premier épisode –, en plus d'une blessure qui ne cicatrisera probablement jamais.
Un lifting moderne mais un parfum de naphtaline persistant
Le nouveau Walker s'appelle toujours Cordell, mais il est désormais veuf et père de deux enfants. Après dix mois passés sous couverture, il retourne à Austin, dans son cher Texas, où il découvre que son nouveau partenaire est une femme, mexicaine de surcroît, indépendante et déterminée. Cette « subtilité » narrative est destinée à éloigner toute accusation de conservatisme crasse.
Reste que, malgré ce lifting, ce Walker dégage un parfum persistant de naphtaline. Le jeu des acteurs, la mise en scène et la mécanique des intrigues semblent figés dans une esthétique héritée des années 1990. Un anachronisme assumé qui confère à la série un charme paradoxal : celui d'un divertissement sans surprise et sans risque de voir nos neurones partir en torche.
Paradise : une saison 2 qui rebat les cartes
La première saison de Paradise nous avait d'abord séduits avant de nous laisser quelque peu sur notre faim. On attendait donc la deuxième sans impatience exacerbée. Surprise : elle s'avère plus audacieuse et plus riche, du moins dans ses trois premiers épisodes.
Un monde post-apocalyptique sous cloche
Créée par Dan Fogelman, à l'origine du flamboyant This Is Us, et portée par son acteur fétiche Sterling K. Brown, cette série mêle thriller politique et paranoïa totale. Elle nous plonge dans un monde post-apocalyptique mis sous cloche : un gigantesque abri où une poignée d'Américains triés sur le volet a construit une société artificielle, lisse et policée.
Ce microcosme parfait vole en éclats lorsque le président fantoche des États-Unis, Cal Bradford, est assassiné. Les enquêtes de son garde du corps, Xavier Collins, révèlent que la vérité sur le monde extérieur est loin d'être limpide.
Une intrigue survivaliste élargie
La saison 2 prend le parti de nous désorienter pour basculer dans une intrigue survivaliste plus ambitieuse. On y découvre Annie, interprétée par l'excellente Shailene Woodley, guide touristique à Graceland avant la catastrophe, qui se retrouve à devoir survivre seule avant l'arrivée d'une bande de pillards.
La série élargit son horizon : le bunker n'est plus le seul décor, l'extérieur devient un territoire dangereux mais fascinant et riche en nouvelles intrigues. Cela redonne du goût aux aventures du bunker et ses habitants qui n'ont pas dit leur dernier mot.
Walker avec Jared Padalecki, Molly Hagan, Keegan Allen, Violet Brinson est diffusé sur Série Club et la plateforme de Canal+ et SFR. Paradise, saison 2, avec Sterling K. Brown, Julianne Nicholson, Sarah Shahi, Aliyah Mastin, Shailene Woodley, Charlie Evans, propose ses trois premiers épisodes en ligne sur Disney+.



