La reconnaissance du réalisateur japonais Junya Sato, maître du cinéma d’action dans l’archipel au cœur des années 1970, est encore relative en France. Pourtant, la ressortie en salle le 13 mai de sa « Trilogie de la traque » – également disponible en coffret 4K et Blu-ray chez Carlotta – a la vertu d’éclairer les forces vives de son cinéma : un rythme trépidant qui n’empêche ni l’humour ni les envolées lyriques ; un alliage vivifiant de fantaisie, d’emprunts au cinéma hollywoodien et de subversion politique.
Une trilogie portée par Ken Takakura
Portée par le magnétique Ken Takakura, superstar locale repérée par le public occidental dans le beau « Yakuza », de Sydney Pollack, cette trilogie comprend trois films : « Chasse à l’homme : la rivière de la rage » (1976), « la Preuve d’un homme » (1977) et « Survie en pleine nature » (1978). Premier maillon de cette saga informelle, « Chasse à l’homme : la rivière de la rage » est un thriller paranoïaque mâtiné de courses-poursuites dans lequel un procureur entreprend de démonter la machination dont il est victime.
Un voyage à travers le Japon corrompu
Le héros sillonnant tout ce que le pays compte de territoires et de possibles foyers de corruption : campagnes régentées par de grands propriétaires terriens, faubourgs prolétariens et même un hôpital psychiatrique tokyoïte gouverné en sous-main par des puissances clandestines. Ce premier opus pose les bases d’une œuvre où l’action sert un propos politique acéré, sans jamais sacrifier le divertissement.
La sortie de cette trilogie en versions restaurées permet de redécouvrir un cinéaste qui a su mêler avec brio les codes du film d’action américain à une sensibilité typiquement japonaise. Les amateurs de cinéma de genre et de polars sociaux y trouveront un terrain de jeu riche et captivant.



