Sur le papier, les noms font envie. À l'écriture, Taylor Sheridan, showrunner passé maître dans l'art de conter une Amérique pionnière révolue (les séries « 1883 » et « 1923 ») ou le combat d'individus pour survivre face à la violence endémique du pays (« Yellowstone » et « Landman »). À l'écran, Michelle Pfeiffer incarne Stacy Clyburn, oisive New-Yorkaise confrontée à la mort accidentelle de son richissime mari, Preston, joué par le toujours impeccable Kurt Russell. Mais malgré ce casting de rêve, « The Madison » déçoit.
Un héritage géographique et familial
Chez Sheridan, même si les millions coulent souvent à flots, l'argent importe moins que la terre et les valeurs nécessaires pour y rester fidèle. Ainsi, il est une nouvelle fois question ici de géographie et d'héritage. En l'occurrence, l'intrigue nous entraîne du New York des ultrariches à un chalet rustique du Montana, où le défunt mari avait l'habitude de pêcher. Venue reconnaître le corps avec ses filles et petites-filles, Stacy découvre la beauté du lieu et mesure enfin l'importance qu'il avait pour celui dont elle a partagé la vie trente-huit années durant sans jamais l'y accompagner. Elle décide alors de s'y installer, ce qui, avec une bande d'enfants gâtés n'ayant jamais quitté le luxe de leurs appartements, n'est pas sans poser problème.
Un récit qui se dilue dans le mélodrame
Malheureusement, Taylor Sheridan peine à donner corps à son récit qui se dilue et se transforme en dépliant touristique : couchers de soleil, ralentis et violons sirupeux, rien ne nous est épargné, tant dans la mise en scène que dans la constitution caricaturale des personnages et de leurs interactions. La série, qui explore le deuil et l'héritage, reste trop souvent en surface, privilégiant la carte postale mélodramatique à une véritable profondeur narrative. Les personnages, bien qu'interprétés par des acteurs talentueux, manquent de nuances et leurs relations sonnent faux.
Diffusée ce jeudi 14 mai à 21h10 sur Canal+, « The Madison » compte six épisodes et est également disponible à la demande sur myCANAL. Si l'on peut saluer la photographie et les paysages du Montana, on regrette que le showrunner n'ait pas su insuffler à cette série l'énergie et la substance qui ont fait le succès de ses œuvres précédentes. Un rendez-vous manqué pour les amateurs de drames familiaux.



