« Spartacus » : un monument du cinéma à redécouvrir ce soir sur Arte
Ce dimanche 5 avril à 21h00, la chaîne Arte diffuse l'un des plus grands péplums de l'histoire du cinéma : « Spartacus » de Stanley Kubrick. Cette œuvre magistrale, sortie en 1960, reste pourtant celle dont le célèbre réalisateur était le moins satisfait. Une contradiction fascinante pour un film qui a marqué des générations de cinéphiles.
Une production portée par l'ombrageuse étoile de Kirk Douglas
À l'origine de ce projet colossal se trouve Kirk Douglas, alors star incontestée d'Hollywood. C'est lui qui achète les droits du roman de Howard Fast, auteur communiste blacklisté, et confie l'adaptation à un autre scénariste mis à l'index, Dalton Trumbo. Douglas envoie aux acteurs principaux – Laurence Olivier, Peter Ustinov, Charles Laughton et Tony Curtis – différentes versions du script, chacune favorisant l'un d'eux. Lorsque l'équipe se réunit et compare les textes, c'est le chaos.
Les egos surdimensionnés d'Olivier et Laughton, qui se détestaient déjà cordialement, entrent en collision. Kubrick peine à maintenir l'harmonie sur le plateau. Le casting féminin connaît aussi ses turbulences : le rôle de Varinia est d'abord proposé à Elsa Martinelli, puis à Ingrid Bergman et Jeanne Moreau, avant d'échoir à Jean Simmons, l'épouse de Stewart Granger.
Un tournage dantesque et des défis techniques immenses
Le tournage de « Spartacus » relève de l'exploit logistique. Avec pas moins de 8 000 figurants, les décors sont pharaoniques. Des tonnes de terre sont déversées sur le sol des studios pour recréer l'antiquité romaine. Le château de Randolph Hearst sert de décor prestigieux. Pour les bruits de foule, l'équipe enregistre l'ambiance d'un match de football. Certaines scènes à connotations sexuelles sont coupées à la sortie, avant d'être restaurées en 1991.
Un film au fort symbolisme politique
L'histoire de Spartacus, cet esclave thrace devenu gladiateur puis chef d'une rébellion qui menace Rome avant d'être crucifié sur la voie Appienne avec ses hommes, est éminemment politique. Au moment du tournage, la Liste noire des communistes sévit encore à Hollywood. Dalton Trumbo doit travailler sous le pseudonyme de Sam Jackson. Mais à la sortie du film en 1960, le climat a changé.
La Commission des activités antiaméricaines a plié bagage, malgré les protestations de la Ligue pour la vertu, qui organise des piquets de grève devant les salles. Le jeune président John F. Kennedy doit même traverser l'un de ces piquets pour aller voir « Spartacus ». Le succès du film est dès lors assuré, malgré les réticences initiales.
Une diffusion à ne pas manquer
Ce péplum américain de Stanley Kubrick, d'une durée de 3 heures, avec Kirk Douglas, Peter Ustinov et Laurence Olivier, est à voir ou à revoir ce dimanche 5 avril à 21h00 sur Arte. Il sera également disponible en replay sur Arte.tv. Une occasion unique de plonger dans cette épopée cinématographique aux multiples facettes, entre prouesse technique, tensions artistiques et contexte historique mouvementé.



