Robots humanoïdes au cinéma : de Metropolis à Ex Machina
Robots humanoïdes au cinéma : de Metropolis à Ex Machina

Robots humanoïdes au cinéma : de Metropolis à Ex Machina

Qu'elle fut riche en dilemmes et reboots, notre sélection, tant l'histoire du cinéma regorge de créatures de synthèse à visage humain ! Sans même parler du petit écran. Objets de fascination des auteurs depuis un siècle, les robots humanoïdes ont sévi sur tous les circuits. Florilège.

Metropolis (Fritz Lang, 1927) : Maria

Premier robot humanoïde de l'histoire du cinéma, la Maschinenmensch (« machine humaine ») créée par le savant fou Rotwang est le double maléfique de Maria, héroïne pure de la ville basse de Metropolis. L'androïde Maria sera au cœur d'un vaste projet de séduction et manipulation des foules, un agent du chaos qui finira détruit et brûlé « vif » par les ouvriers. Sa silhouette Art déco, dessinée par le sculpteur Walter Schulze-Mittendorff, deviendra l'archétype absolu du robot féminin… mais c'est pour le masculin C-3PO de Star Wars que George Lucas chipera, bien plus tard, des pans entiers du look de cette Maria mécanique.

Blade Runner (Ridley Scott, 1982) : Rachel

Androïde de type Nexus 6 expérimental à la mémoire gravée de faux souvenirs (ceux de la nièce du milliardaire Tyrell, son créateur), Rachel ignore tout de sa nature artificielle – vertige philosophique au cœur du film –, contrairement aux autres répliquants en cavale du film. Alors âgée de 21 ans, Sean Young impose une silhouette sublime, troublante, à la froideur et aux tailleurs à épaulettes inspirés des héroïnes des grandes heures du film noir. L'actrice débutante et son aîné Harrison Ford furent à couteaux tirés sur le tournage, mais, à l'écran, la romance entre le héros Rick Deckard et la belle brune de synthèse fait des étincelles dans le film de Ridley Scott.

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Terminator (James Cameron, 1984) : le T-800

Cyborg venu de l'an 2029 pour tuer la fragile Sarah Connor, future mère du leader de la résistance aux machines dirigées par Skynet, le T-800 fusionne chair humaine et endosquelette en hyperalliage. James Cameron songeait initialement au mince et rugueux Lance Henriksen pour l'incarner. Mais le massif Arnold Schwarzenegger, malin comme un singe, va convaincre le réalisateur que le Terminator, ce sera lui et personne d'autre – il était initialement venu négocier le rôle du héros, Kyle Reese. Inspiré en partie à Cameron par le cow-boy androïde tueur campé par Yul Brynner dans Mondwest (Michael Crichton, 1973), le T-800 terrorisa si bien le public qu'il revint à cinq reprises au cinéma. Mais jamais aussi menaçant que dans ce premier film.

Aliens. Le Retour (James Cameron, 1986) : Bishop

Dans le premier Alien, l'androïde humanoïde Ash est un fieffé salaud. Un traître au service du consortium Weyland-Yutani, qui l'a discrètement chargé de ramener, coûte que coûte, la créature sanguinaire sur Terre pour l'étudier à des fins militaires. Dans Aliens. Le Retour, où James Cameron prend le contrepied de son prédécesseur Ridley Scott à plus d'un titre, le synthétique Bishop est tout le contraire. Campé avec une innocence presque enfantine par Lance Henriksen, la « personne artificielle » (ainsi qu'aime à se décrire Bishop) incarne tout ce qu'on attend d'un robot à visage humain : loyal, doux, doté d'un fort esprit de sacrifice, il est le véritable chevalier blanc du récit, sauveur du lieutenant Ripley et de la petite Newt, dans un dernier acte – une scène à couper le souffle.

Ex Machina (Alex Garland, 2014) : Ava

L'androïde féminine la plus fascinante du cinéma depuis Blade Runner. IA dotée d'un corps transparent mi-humain, mi-mécanique, Ava vit en captivité dans la vaste villa high-tech isolée de Nathan, son créateur, nabab mondial de l'informatique. Lorsque Caleb, un jeune programmeur de génie au service de Nathan, est invité à passer quelques jours sur place pour pratiquer un test de Turing sur Ava (test destiné à évaluer si une IA est capable de raisonner à la manière d'un être humain), cette dernière va le manipuler pour s'évader. Alicia Vikander, ex-danseuse à la Royal Swedish Ballet School de Stockholm, fut choisie par Alex Garland pour sa capacité à se mouvoir avec une grande précision. Le film rafla l'oscar des effets visuels en 2016 (face à Star Wars, VII. Le Réveil de la Force et à Mad Max. Fury Road).

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