Un sauvetage héroïque pour une légende du cinéma
Le monde du cinéma et ses admirateurs peuvent enfin respirer. Richard Edlund, figure emblématique des effets spéciaux hollywoodiens âgé de 85 ans, se remet progressivement après avoir échappé de justesse à la mort lors de son séjour en France. L'artiste, à qui l'on doit les séquences visuelles les plus marquantes de La Guerre des étoiles, Les Aventuriers de l'arche perdue, SOS Fantômes et Piège de cristal, a été victime d'un arrêt cardiaque soudain le 25 janvier dernier à Lyon.
Une visite en France couronnée par un drame
Richard Edlund était venu en France pour recevoir un hommage prestigieux. Le 22 janvier, il se voyait décerner le PIDS Genie Award lors du Paris Images Digital Summit à Enghien-les-Bains, récompensant l'ensemble de sa carrière exceptionnelle. Deux jours plus tard, le 24 janvier, il animait une master class au Musée du Cinéma et de la Miniature de Lyon, berceau historique du septième art grâce aux frères Lumière. C'est lors de cette même journée qu'il accordait une interview exclusive au Point Pop, évoquant son parcours, de son service militaire au Japon à la révolution Star Wars, en passant par ses réflexions sur le numérique et l'intelligence artificielle.
Dix-sept minutes de massage cardiaque salvateur
Le drame s'est produit le lendemain, le 25 janvier, alors que Richard Edlund venait de s'installer pour dîner dans un restaurant lyonnais avec ses proches et l'équipe du musée. Dans un communiqué personnel, l'artiste raconte : « Peu après cette visite, j'ai été victime d'un arrêt cardiaque. Comme par un don du ciel, et grâce à l'intervention immédiate et exemplaire de Julien Dumont, directeur du musée, et de son associé Fabio Buttino, de Genève, j'ai été maintenu en vie jusqu'à l'arrivée des secours. »
Les deux hommes, assistés par un client du restaurant, ont pratiqué un massage cardiaque et des gestes de réanimation pendant près de dix-sept minutes, une durée critique qui a permis de préserver les fonctions vitales du cinéaste. « Leur sang-froid, leur compétence et leur humanité m'ont sauvé la vie », écrit Richard Edlund avec une émotion palpable.
Deux semaines de soins intensifs à Lyon
Rapidement pris en charge par le SAMU et les sapeurs-pompiers de Lyon, Richard Edlund a été transporté à l'hôpital de la Croix-Rousse, où il a passé deux semaines en soins intensifs. Il exprime sa « profonde gratitude à l'ensemble de l'équipe médicale, et tout particulièrement au service du Dr Guichon, pour leur professionnalisme, leur réactivité et leur bienveillance ».
L'ambassade des États-Unis à Paris et le consulat américain à Lyon se sont mobilisés pour lui apporter assistance durant son hospitalisation. L'artiste a également pu compter sur le soutien indéfectible de ses proches, notamment de son épouse Mara, qu'il décrit comme « un roc durant cette épreuve ».
Une promesse tenue et un hommage au musée lyonnais
Avant son malaise, Richard Edlund avait promis de faire don au Musée du Cinéma et de la Miniature de Lyon de l'armure en stop-motion du « terror dog » de SOS Fantômes, une pièce de collection exceptionnelle. Après son retour aux États-Unis et le début de sa convalescence, il a tenu parole en remettant cette œuvre à Julien Dumont, l'un de ses sauveurs venu lui rendre visite à Los Angeles. « Ce don a pris un sens encore plus fort à la lumière de ces événements », confie-t-il.
Dans son communiqué, Richard Edlund rend également un hommage appuyé au musée lyonnais : « L'authenticité des accessoires et des costumes, la densité des détails et la structure narrative d'étage en étage créent un véritable voyage au cœur de la fabrication des longs métrages. C'est, tout simplement, une expérience muséale consacrée au cinéma comme nous n'en avons jamais rencontré ailleurs. » Un compliment précieux venant d'un expert mondial qui côtoie les objets de cinéma depuis plus de cinq décennies.
Une convalescence prometteuse
Aujourd'hui de retour chez lui aux États-Unis, Richard Edlund assure aller mieux et se décrit comme « en progrès constants ». Celui qui déclarait récemment que le plan d'ouverture de La Guerre des étoiles était « resté le plan d'ouverture de ma propre carrière » semble avoir décidé que le générique de fin pouvait encore attendre. Son sauvetage héroïque et sa résilience témoignent de la force de cette légende vivante du cinéma.



