« Psychose » : comment Hitchcock a révolutionné Hollywood en 1960
Psychose : Hitchcock révolutionne Hollywood en 1960

Le Hollywood classique est mort en 1960, assassiné sous la douche d'une chambre de motel miteux. Le coupable était son plus illustre représentant : Alfred Hitchcock, maître non seulement du suspense mais aussi du glamour, façonneur de stars telles Ingrid Bergman ou Grace Kelly. Épuisé par « Sueurs froides » et « la Mort aux trousses », le cinéaste voulait se concentrer sur sa passion, la mise en scène, en tournant une série B en noir et blanc, avec l'équipe de son anthologie télévisée « Alfred Hitchcock présente ».

Une liberté totale

Étant son propre producteur, il s'octroyait une liberté totale, et pensait qu'au pire il se rembourserait. C'est tout le contraire qui arriva : ni lui ni les grands studios n'imaginaient que « Psychose » serait son plus grand succès, mais surtout une brèche dans l'histoire du cinéma. En assassinant sauvagement la star Janet Leigh au premier tiers du film, avec une violence alors jamais vue, Hitchcock précipitait Hollywood dans l'inconnu.

La victoire d'Hitchcock

Le public du début des années 1960 voulait donc de l'horreur et du sang. Le concept de « divertissement familial », telles les comédies conjugales avec Rock Hudson et Doris Day, se voyait supplanté par une histoire sordide tirée d'un fait divers, dont le véritable héros était un psychopathe. Un exemple de l'audace du cinéaste : dans le roman de Robert Bloch, Norman Bates est un inquiétant quadragénaire obèse, conforme au cliché d'un mal forcément repoussant. Hitchcock en prit le contrepied en choisissant Anthony Perkins, beau jeune homme timide à la silhouette de mannequin.

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Hollywood joua alors sa dernière carte avec « Cléopâtre » de Mankiewicz, fastueux péplum en Technicolor et écran large, interprété par un couple au sommet de sa gloire, Elizabeth Taylor et Richard Burton. Soit l'inverse absolu de « Psychose » mais qui se solda par un bide retentissant. Hitchcock avait gagné, et l'industrie agonisa tout au long des années 1960 avant que deux films ne lui permettent de se réinventer : « Bonnie and Clyde », d'Arthur Penn, et « Easy Rider », de Dennis Hopper. Le Nouvel Hollywood était né.

Mardi 5 mai à 22h30 sur TCM Cinéma. Thriller américain d'Alfred Hitchcock (1960). Avec Anthony Perkins, Janet Leigh, Vera Miles. 1h49. (En multidiffusion et à la demande).

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