« Première affaire » : Noée Abita en thriller judiciaire ce soir
« Première affaire » : Noée Abita en thriller judiciaire

Ce dimanche 23 août à 22h40, France 2 diffuse « Première affaire », le premier long-métrage de Victoria Musiedlak, avec Noée Abita dans le rôle d’une jeune avocate confrontée à un meurtre sordide. Le film, disponible à la demande sur France.tv, suit Nora, fraîchement diplômée, qui voit ses illusions s’effondrer au fil d’une enquête où vérité et justice se révèlent artificielles.

Une nuit qui bascule dans l’horreur

L’intrigue s’ouvre en pleine nuit, à la sortie d’une boîte de nuit. Nora (Noée Abita) reçoit un appel de son patron lui ordonnant de se rendre immédiatement à Arras. Dans une tenue peu adaptée à sa fonction d’avocate, elle est dépêchée pour une simple garde à vue. Mais sur place, elle découvre un fait divers d’une violence inouïe : une adolescente a été retrouvée morte, défigurée par les coups, dans les bois.

Dans la cellule, face à Nora, se tient un jeune garçon immature et désemparé, suspect principal. Alors que l’investigation progresse, Nora se sent de plus en plus attirée par l’enquêteur chargé de l’affaire, interprété par Anders Danielsen Lie. Contre toute éthique professionnelle, la femme de loi et l’homme de l’ordre se rapprochent, brouillant les frontières entre leur rôle respectif.

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Une perte d’innocence brutale

Ce thriller policier, où s’accumulent doutes, apparences trompeuses et dilemmes, raconte une histoire de perte d’innocence. Nora comprend peu à peu qu’elle est manipulée. Ses illusions volent en éclats : les frontières entre vérité et mensonge, justice et droit ne sont qu’artificielles. Les trois hommes qui l’entourent – le jeune incarcéré, le flic et le patron – participent à un étau qui se resserre autour d’elle, tant dans le scénario que dans la mise en scène.

Victoria Musiedlak, pour son premier film, fait preuve d’une implacable rigueur d’écriture. Sous sa caméra, le drame glisse progressivement vers le terrain social et ses iniquités. Entre la cité où a grandi le suspect, la classe moyenne dont Nora est issue et la haute bourgeoisie du cabinet qui vient de l’embaucher, se mettent en place des confrontations inéluctables.

Une mise en scène oppressante

La cinéaste tient à distance tous les clichés sociologiques. Elle édifie une fiction judiciaire reposant sur le déterminisme, ses frontières infranchissables et la trahison de classe. La précision de son découpage, la composition du cadre et sa manière d’interrompre sèchement les séquences en leur milieu créent une tension en crescendo et un malaise diffus. Ces choix confèrent à ce thriller ambigu un soupçon d’opacité oppressante.

Le film, d’une durée de 1h38, réunit également Alexis Neises au casting. Diffusé ce dimanche soir, il est aussi disponible en replay sur France.tv. Avec cette première œuvre, Victoria Musiedlak impose une voix singulière dans le paysage du thriller judiciaire français, où le suspense se double d’une réflexion sociale acérée.

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