Le retour remarqué de Gwyneth Paltrow au cinéma
Depuis sa brève apparition dans Avengers : Endgame en 2019, Gwyneth Paltrow semblait avoir définitivement quitté les plateaux de tournage pour se consacrer entièrement à GOOP, son empire controversé du bien-être et de la beauté fondé en 2008. C'est la proposition du réalisateur Josh Safdie qui l'a finalement convaincue de sortir de sa retraite dorée pour incarner Kay Stone dans Marty Supreme.
Un rôle en miroir de sa propre carrière
Dans ce film, Paltrow joue une ancienne gloire du cinéma d'avant-guerre qui tente un come-back via le théâtre. Comme son personnage, l'actrice de 53 ans fait un retour là où personne ne l'attendait plus. « Il y a une mise en abîme, oui », confirme-t-elle. « Quand Josh Safdie m'a proposé ce rôle, j'avais pris mes distances avec le monde du cinéma depuis un moment ».
Kay Stone est une femme complexe : brillante, vulnérable, endeuillée, mais aussi résolument « sexuelle », engagée dans une liaison torride avec le jeune prodige du ping-pong incarné par Timothée Chalamet. Pour Paltrow, ce rôle arrive à un moment charnière de sa vie personnelle, alors que ses enfants viennent de quitter le domicile familial pour l'université.
La révolution des coordinateurs d'intimité
Les scènes de sexe avec Timothée Chalamet ont été l'occasion pour Paltrow de découvrir les coordinateurs d'intimité sur les plateaux de tournage. « J'étais un peu étonnée mais je pense qu'on aurait dû inventer cette fonction depuis longtemps », avoue-t-elle. « J'aurais aimé avoir ce genre de vigie à mes débuts, parce qu'il y avait clairement certaines scènes avec lesquelles je n'étais pas à l'aise, mais je n'osais pas me plaindre ».
Le combat pour une représentation plus juste des femmes de plus de 50 ans
Un tabou qui tombe à Hollywood
Gwyneth Paltrow perçoit clairement une évolution dans la représentation des actrices quinquagénaires à Hollywood. « De plus en plus de femmes de cet âge sont en position de force à Hollywood », constate-t-elle, citant Julia Roberts, Nicole Kidman, Cameron Diaz, Sandra Bullock, Jennifer Aniston, Kate Winslet et Cate Blanchett.
« L'idée que Hollywood ne sache pas quoi faire des femmes de plus de 50 ans est en train de s'effondrer », affirme-t-elle avec conviction. « Le public comme les producteurs semblent enfin intéressés par la complexité des femmes quinquagénaires. Et c'est formidable ».
La sexualité féminine après 50 ans
Pour Paltrow, il est essentiel de montrer des femmes de plus de 50 ans comme des êtres désirables et sexuels. « Il faut davantage de scènes érotiques avec des femmes de plus de 50 ans : elles veulent se voir reflétées à l'écran comme toujours désirables », plaide-t-elle.
Elle dénonce le préjugé selon lequel les femmes deviendraient invisibles après leurs années reproductives : « La société nous a trop longtemps fait sentir que nous devrions devenir invisibles simplement parce que nous avons dépassé nos années reproductives. Mais il y a une telle richesse et profondeur chez une femme à la fin de la quarantaine puis après la cinquantaine ! »
La question de la nudité
Si la sexualité est plus présente à l'écran pour les femmes de plus de 50 ans, la nudité reste encore timide. Paltrow reconnaît que « peut-être qu'on ne veut tout simplement plus se déshabiller ! », mais elle cite l'exemple de Nicole Kidman dans Big Little Lies sur HBO, qui était très dénudée alors qu'elle avait plus de 50 ans.
« De mon côté, je n'ai jamais eu de problème avec la nudité et je pense en effet qu'il serait souhaitable de voir davantage à l'écran le corps des femmes de plus de 50 ans », déclare-t-elle.
Un engagement qui dépasse le cinéma
GOOP, pionnier du plaisir féminin
Gwyneth Paltrow voit dans son rôle dans Marty Supreme la continuité de son engagement à travers GOOP. « Nous avons été pionniers autour de cette idée de plaisir féminin et de sexualité assumée pour les femmes de plus de 50 ans », explique-t-elle.
Elle se réjouit que des œuvres comme À quatre pattes de Miranda July ou Marty Supreme montrent des femmes au-delà d'un certain âge qui réinvestissent leur sexualité. « C'est très difficile de traverser cette deuxième partie de notre vie où les gens nous perçoivent comme privées de sexualité : ce n'est tout simplement pas juste ».
Vers des rôles plus ambitieux
L'actrice est désormais déterminée à ne plus accepter de simples rôles d'épouse. « Ça ne m'intéresse plus désormais de jouer un simple rôle d'épouse », affirme-t-elle. « Ou alors il faudra qu'il soit un peu surprenant, qu'il contribue à ouvrir des portes et faire évoluer le regard de la société sur les femmes de mon âge ».
À travers Kay Stone, Gwyneth Paltrow entend œuvrer aux côtés de ses consœurs Nicole Kidman, Cate Blanchett ou Jennifer Aniston à l'embellissement de la place des actrices quinquagénaires dans l'imaginaire collectif. Un combat qui semble porter ses fruits, alors que Hollywood commence enfin à représenter les femmes de plus de 50 ans dans toute leur complexité.