Fabien Onteniente : le cinéma souriant d'un réalisateur populaire
Onteniente : le cinéma souriant d'un réalisateur populaire

Il y a de moins en moins de cinéphiles, peut-être parce qu'il y a de moins en moins de cinéma. L'idéologie dominante a une friandise préférée : la pellicule qui n'existe plus. Les œuvres sont transformées en bonnes œuvres et les réalisateurs, scénaristes et acteurs en dames patronnesses. C'est à qui racontera l'histoire la plus édifiante. Le cinéma incongru que j'aime, il faut le chercher dans les recoins des multiplex. C'est ainsi que j'ai dû me rendre à Montmorency pour admirer le dernier chef-d'œuvre de Roman Polanski, aventure intellectuelle racontée sur Lepoint.fr en juin 2024.

Des mémoires très attendus

Deux ans plus tard paraissent aux éditions Stock les mémoires de Fabien Onteniente, Alors, on n'attend pas Fabien ? (21,90 €), titre inspiré de la phrase devenue culte prononcée par Franck Dubosc dans Camping 1, 2 et 3 : « Alors, on n'attend pas Patrick ? »

Une enfance bercée par le cinéma

Onteniente a passé son enfance à Villiers-sur-Marne, dans un appartement mitoyen d'une ligne de chemin de fer où passait, plusieurs fois par jour, le Paris-Bâle. Il fait connaissance avec le cinéma lors du tournage, dans sa ville de banlieue, d'Elle cause plus… elle flingue. Une distribution de rêve : Bernard Blier, Annie Girardot, Maurice Biraud, Jean Carmet, André Pousse. Ces comédiens à la bonne franquette qu'on aime retrouver dans les comédies françaises de la seconde moitié du XXe siècle.

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Une œuvre souriante

L'une des rares apparitions à l'écran de Fabien Onteniente : dans La Valise en carton de Michel Wyn, scénario de Françoise Verny d'après les mémoires éponymes de Linda de Suza, la chanteuse portugaise qui souleva les foules avant de se laisser tomber. Il se passa ensuite à la réalisation sans succès jusqu'au triomphe de Jet Set. C'est l'histoire d'un pauvre qui s'introduit chez les riches, dont il devient l'homme à tout faire, y compris le bien. Il y a une morale chez Onteniente : celle de la bonne camaraderie.

Un regard pacifié sur le monde

De 3 Zéros aux trois Camping, il jette sur le monde un regard pacifié et pacificateur. Il n'y a jamais rien de grave et toujours quelque chose de drôle. Je le trouve sévère avec Turf, qui raconte l'achat d'un cheval par plusieurs copains turfistes. J'ai revu récemment All Inclusive. C'est la critique amusée de l'escroquerie du « tout compris » pratiqué par certains clubs de vacances.

Je revois mon fils aîné se faire servir tequila sur tequila à Saint-Domingue alors qu'il avait une quinzaine d'années. C'était avant la visite d'une des cinq ou six tombes de Christophe Colomb. Il y a les films qu'on aime voir et ceux qu'on aime voir plusieurs fois. Petit frère des inoubliables « Bronzés », Onteniente a bâti une œuvre souriante qui sera beaucoup regardée dans les décennies à venir. Les siècles ?

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