Nikos Aliagas dévoile ses inspirations culturelles entre The Voice et son exposition photo
Nikos Aliagas : ses inspirations culturelles entre The Voice et photos

Nikos Aliagas : entre The Voice et l'exposition photo, un parcours culturel riche

Alors que débute ce samedi 28 février sur TF1 la quinzième saison de The Voice qu'il présente, Nikos Aliagas finalise ces jours-ci une grande exposition photographique qui ouvrira au musée de l'Homme à Paris le 8 avril. Entre deux réunions de préparation, l'animateur emblématique a accepté de revenir sur son itinéraire personnel et professionnel, évoquant les écrivains, musiciens et acteurs qui ont compté dans sa vie.

La question de l'identité grecque et l'héritage de Cavafy

Interrogé sur sa récente contribution à un ouvrage consacré au poète Constantin Cavafy, Nikos Aliagas explique : « C'est un monument de la littérature grecque. Je n'ai pas traduit ce livre, c'est Lucien d'Azay qui s'en est chargé. J'y ai juste glissé un portfolio d'une trentaine de mes photos. » Ce qui l'a particulièrement touché dans ce projet, c'est la question centrale que pose Cavafy : « C'est quoi être Grec ? » Une interrogation qui résonne profondément chez Aliagas, né en France de parents grecs.

« La formule va vous paraître étrange mais, pour moi, c'est une obédience plus qu'une nationalité », confie-t-il. « Ce n'est en tout cas pas l'idée qu'on appartient à une frontière. Cela dépasse ce cadre ; c'est d'abord une culture. La 'grécité' est, dans une large mesure, un état d'esprit, une connaissance et un accès à la culture... Un rapport à la langue. »

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Des études littéraires à la poésie personnelle

Son parcours universitaire en lettres comparées à la Sorbonne a marqué durablement le jeune Aliagas. Il se souvient avec passion d'un semestre consacré à la figure de Don Juan à travers les œuvres de Tirso de Molina, Pouchkine, Byron et Baudelaire. « C'est un texte extraordinaire », commente-t-il à propos du poème Don Juan aux enfers de Baudelaire, « dont la fin est frappante puisque Don Juan regarde fixement l'abîme, ne regrette rien, ne demande rien. »

Cette formation littéraire l'a naturellement conduit vers l'écriture personnelle. « J'ai toujours beaucoup écrit. J'ai d'ailleurs terminé l'écriture d'un livre l'an dernier. Je le laisse reposer avant de l'envoyer à un éditeur car il s'agit de poésie. Je l'ai composé en grec avant de le traduire. » Pour Aliagas, la poésie a joué un rôle déterminant dans son orientation professionnelle, y compris vers la télévision. « L'amour des mots, les jeux de mots d'Apollinaire, la poésie du XIXe, le sonnet français, Baudelaire, Nerval, Rimbaud, tout ça a joué un rôle central jusque dans mes rencontres. »

Rencontres déterminantes et débuts professionnels

Une anecdote illustre particulièrement l'importance de la poésie dans sa vie : sa rencontre avec Nicolas Chabanne, futur fondateur de la coopérative « C'est qui le patron ? », grâce à un livre de Rimbaud que tous deux voulaient emprunter à la bibliothèque universitaire. « On a lancé en 1990 une revue qui s'appelait la Revue franco-hellénique. J'en étais directeur de la publication... Eh bien, tout ça a commencé grâce à Rimbaud. Et plus précisément le poème Ma bohème. »

Étudiant désargenté vivant dans une chambre de bonne rue La Fayette, Aliagas décroche un job étudiant à Radio France qui marquera ses débuts dans le journalisme. Une tentative audacieuse d'interview du président chypriote, bien que non diffusée, ne découragera pas le jeune homme. Il fera ensuite ses premières armes à Radio Notre-Dame, où il réalisera des interviews marquantes avec le cardinal Lustiger.

Influences cinématographiques et projet de documentaire

Le cinéma occupe une place importante dans l'imaginaire d'Aliagas. Fils d'un tailleur qui travailla sur le costume d'Alain Delon pour Borsalino, il garde un attachement particulier aux films avec l'acteur français. « Quand j'allais à l'école et que les professeurs nous demandaient les métiers de nos parents, j'étais très fier de dire que mon père faisait le costume de Delon. »

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Parmi ses références cinématographiques, il cite Othello d'Orson Welles pour son noir et blanc contrasté, Los Olvidados de Buñuel pour une séquence de dédoublement qui l'a longtemps hanté, et Peur sur la ville d'Henri Verneuil avec Jean-Paul Belmondo. À 57 ans, Aliagas nourrit le projet de réaliser un documentaire sur la ville de Missolonghi à travers le tableau de Delacroix La Grèce sur les ruines de Missolonghi.

Photographie, peinture et autres passions artistiques

Photographe accompli, Aliagas est particulièrement sensible aux jeux de regards dans l'art. « Je suis fasciné par les jeux de regards dans l'œuvre de Modigliani. Notamment celui de La Femme à la cravate noire, qu'il a peinte en 1917. Le regard est quelque chose de primordial pour moi. Ce n'est pas pour rien si je fais autant de photos. »

En 2007, il réalise un rêve en enregistrant un album de reprises, Rendez-vous, avec divers artistes dont Paul Anka, Murray Head et le fils de Leonard Cohen. « Dans ma famille, on chante tous et ce disque m'a permis de réaliser un rêve », confie-t-il, tout en précisant qu'il ne s'est pas lancé dans une carrière musicale à part entière.

Lectures recommandées et conseils culturels

Parmi les livres qu'il offre le plus souvent à ses amis, Aliagas cite L'Éloge du désert de Blanche de Richemont, « un livre qui m'a accompagné partout, dans mes déménagements comme dans les moments difficiles. » Pour chasser le spleen, il recommande L'Iliade ou L'Odyssée : « Si Ulysse a survécu à tout ça, le lecteur doit se rendre compte qu'il peut surmonter certaines de ses difficultés. » Il mentionne également Khalil Gibran et son Prophète, ainsi que la poésie des prix Nobel grecs Georges Séféris et Odysséas Elytis.

Côté séries, il regarde actuellement Téhéran avec sa femme, « une série d'une actualité incroyable », ainsi que Slow Horses avec Gary Oldman. Un panorama culturel riche qui révèle la diversité des inspirations de celui que le public connaît surtout comme l'animateur de The Voice et de Star Academy, mais qui se définit avant tout comme un passeur de culture aux multiples facettes.