Nakache et Toledano : Retour aux années 80 avec 'Juste une illusion'
Nakache et Toledano : 'Juste une illusion' et les années 80

Nakache et Toledano : Une plongée nostalgique dans les années 80 avec 'Juste une illusion'

Olivier Nakache, 53 ans, et Éric Toledano, bientôt 55 ans, forment le duo le plus populaire du cinéma français. Connus pour capter l'air du temps avec des succès comme Intouchables, Samba, Le Sens de la fête ou la série En thérapie, ils récidivent avec Juste une illusion, une nouvelle comédie qui puise dans leurs souvenirs d'adolescence.

Un retour aux années 80 et à l'adolescence

Le film plonge dans les années 80 à travers l'histoire de Vincent, 13 ans, interprété par Simon Boublil. Il grandit aux côtés de son grand frère (Alexis Rosenstiehl) et de ses parents, incarnés par Louis Garrel et Camille Cottin, qui s'aiment et se disputent sans cesse. Toute une époque et une atmosphère sont restituées dans les moindres détails, sur les tubes imparables de Téléphone et d'Imagination.

Dans un entretien, Éric Toledano explique ce retour vers le passé : « Je pense que c'est un effet générationnel. Plus on avance dans l'âge, plus on se rend compte à quel point on est déterminé par ces moments-là, surtout quand on a des enfants. Ce sont des moments de métamorphose, de découverte de l'existence. »

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Le titre : une réflexion sur l'adolescence et la vie

Le titre Juste une illusion renvoie à l'illusion des adolescents qui croient avoir compris le monde. « Mais plus on avance dans la vie, plus on va comprendre qu'on n'a rien compris. On est tous passé par l'adolescence, cette période où chacun peut se reconnaître. C'est un socle commun dont on a bien besoin en ce moment », ajoute Toledano.

Les années 80 apparaissent moins tendues qu'aujourd'hui, même si le film n'occulte pas les problèmes de l'époque : chômage, virus du sida, naissance de SOS Racisme. « Il nous semblait que tout allait s'arranger. C'était une illusion de le croire. Aujourd'hui, il n'y a pas un parti politique qui vous promet d'aller mieux, il promet simplement d'aller moins mal », analyse le réalisateur.

Un hommage à une génération qui disparaît

Le film est dédié aux pères des réalisateurs, Raphaël Toledano et Marco Nakache, morts pendant le tournage. « Un vrai coup de massue. Notre film est un hommage à une génération qui est en train de disparaître », confie Éric Toledano. Il cite même le philosophe Jankélévitch : « Quand on perd son père, on est en tête à tête avec la mort. »

Cette nostalgie est aussi une grammaire du futur. « J'ai l'impression qu'il faut faire un petit pas en arrière pour mieux regarder devant soi », estime Toledano. Lors d'une avant-première, un spectateur a même déclaré : « 50 ans, c'est la jeunesse de la vieillesse. »

La comédie comme terrain d'élection

Malgré les thèmes sérieux, la comédie reste le terrain de prédilection du duo. « On a été nourri à la comédie à l'italienne. Si les gens viennent se divertir, ça leur fait du bien et à nous aussi », explique Toledano. Le film mêle divertissement et folie, avec un casting réunissant Louis Garrel, Camille Cottin, Pierre Lottin, et même une scène réalisée par Claude Lelouch.

Pour Nakache et Toledano, le cinéma reste une forme d'utopie. « La salle de cinéma est un des derniers bastions où les gens qui ne se connaissent pas se retrouvent ensemble à partager des émotions », conclut Éric Toledano, rappelant leur engagement pour un cinéma qui exalte la possibilité de vivre en commun.

Juste une illusion, d'Éric Toledano et Olivier Nakache, avec Simon Boublil, Louis Garrel, Camille Cottin et Pierre Lottin, dure 1 heure 56 minutes et est actuellement en salles.

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