Mélanie Thierry incarne une Madame Bovary moderne dans un drame chabrolien signé David Roux
Mélanie Thierry en Madame Bovary moderne chez David Roux

Mélanie Thierry incarne une Madame Bovary moderne dans un drame chabrolien signé David Roux

À l'instar de son premier long métrage, « L'Ordre des médecins », David Roux poursuit son travail sur la sphère familiale, ses dysfonctionnements et ses relations complexes. Ici, le microcosme bourgeois ne demande qu'à exploser à l'intérieur d'une vieille et grande demeure transmise de génération en génération.

Un portrait familial explosif

Un vieux père malade qui aime se faire plaindre, des frères et des sœurs qui se déchirent, des histoires d'argent, d'héritage et un homme, le fils aîné qui, même s'il agit en douceur, pense toujours à ses intérêts… Il ne laisse peu ou pas de place aux autres, et encore moins à son épouse Marianne, cette fameuse « femme de… » qui s'ennuie et peine à exister. Comblant même son désir avec son beau-frère, lui aussi malsain, d'une autre façon…

Drame bourgeois et influences littéraires

D'un bout à l'autre, dans ce portrait, on sent l'influence de Flaubert, alors que la mise en scène, façon drame bourgeois teinté de thriller, renvoie à Claude Chabrol. « L'histoire d'une femme riche et malheureuse a été racontée mille fois ; le défi était de la réactiver » confie le cinéaste.

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« Oui. Ce sont des piliers auxquels on pense forcément. C'est un savoir commun qui sert de socle au film. J'ai aussi essayé de compléter cela avec d'autres références, comme les mélodrames de Douglas Sirk et Ingmar Bergman. L'histoire d'une femme riche et malheureuse a été racontée mille fois ; le défi était de la réactiver. Avec mon équipe, nous avons utilisé un vocabulaire de film de genre : nous parlions de thriller domestique, de forêt hantée pour la végétation extérieure. L'objectif était d'échapper au pur drame bourgeois un peu trop classique », explique David Roux, qui offre ce rôle de quadragénaire emprisonnée à Mélanie Thierry.

Une performance épatante

Une nouvelle fois épatante, Mélanie Thierry fait passer les doutes et le mal-être de cette Marianne marquée par une tragédie passée qui traverse le long-métrage. Elle incarne avec justesse cette femme prisonnière d'un mariage étouffant et d'un environnement familial toxique.

« Des hommes exemplaires »

Dans la peau du riche industriel qui a lentement mais sûrement resserré son emprise sur Marianne, Éric Caravaca joue de sa bonhomie pour laisser jaillir la véritable nature de cet homme, Antoine. « S'il avait été volontairement et visiblement toxique, on se demanderait pourquoi Marianne ne part pas. Là, on comprend qu'elle est empêtrée parce qu'Antoine est sincère. Il est simplement aveugle à ce qu'elle traverse. C'est une violence policée, typique dans ce milieu social. Ce n'est pas physique mais ça reste d'une grande brutalité », explique-t-il.

Le cinéaste ajoute : « Il y a un message furtif dans le film. Dans une scène, en sortant de l'église, elle voit écrit ''Méfiez-vous des hommes exemplaires''. C'est exactement ce que représente son époux. »

« La Femme de », de David Roux, avec Mélanie Thierry, Éric Caravaca, Jérémie Renier. Durée : 1 h 33. Sortie le 8 avril.

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