Le film Michael, réalisé par Antoine Fuqua, est projeté cette semaine à Mende, Marvejols et Saint-Chély-d'Apcher. Adeptes du moon walk et du cri de biche, préparez-vous à une belle osmose lors de la projection de ce long-métrage qui enveloppera votre nostalgie de fan de Michael Jackson sans vous faire le moindre mal ni remettre en question votre idolâtrie.
Un projet sous haute surveillance
Le projet était perdu d'avance : comment réaliser un biopic sérieux du génie de la pop quand tout est sous surveillance de sa famille et d'une armada d'avocats ? Le résultat tombe, prévisible : le film est d'un lisse, d'un consensuel qui frôle la propagande. Fuqua raconte sans jamais s'écarter des clous l'ascension de Jackson, de frêle enfant maltraité par son père (le caricatural Colman Domingo) à star adulée et solitaire, sans jamais questionner le personnage.
Les angles morts du récit
Sa solitude, son immaturité, son obsession de la perfection, ses choix uniquement guidés par le capitalisme et surtout sa pédophilie sont soigneusement laissés hors champ. Le film évite soigneusement toute remise en question, préférant un récit aseptisé qui confine au mensonge.
Des parties musicales spectaculaires
Alors ? On reste admiratif devant l'art du garçon, devant ses inventions musicales et chorégraphiques, et on se contentera d'apprécier le mimétisme extraordinaire de Jaafar Jackson, troublant dans son interprétation. Les parties musicales, très nombreuses, restent spectaculaires et passionnantes. Cela compense ces arrangements avec la réalité qui constituent le reste du métrage, sans intérêt, écrit à la va-vite, académique et à la limite du mensonge le plus rance.
À voir pour réécouter Beat It et Thriller. Pour en apprendre sur la vie de Michael Jackson, on conseillera plutôt un documentaire indépendant.



