Lupin III : La Lignée immortelle, un choc cinématographique signé Takeshi Koike
C'est un véritable choc pour les amateurs d'animation japonaise. Alors qu'on aurait pu penser avoir tout vu des aventures de Lupin III, le petit-fils du célèbre Arsène Lupin, le réalisateur de génie Takeshi Koike parvient à surprendre une fois de plus avec Lupin The Third : La Lignée immortelle. Ce film d'animation se distingue par sa mise en scène exceptionnelle et l'énergie folle qui s'en dégage.
Un héritage prestigieux et une renaissance française
Créé en 1967 par le mangaka Monkey Punch (de son vrai nom Kazuhiko Katō), Lupin III a connu de nombreuses adaptations au fil des décennies. Hayao Miyazaki lui-même s'est penché sur le personnage avec le long métrage culte Le Château de Cagliostro en 1979. En France, le cambrioleur a connu une histoire particulière : rebaptisé un temps « Edgar de la cambriole » pour éviter des problèmes avec les ayants droit de Maurice Leblanc, il a finalement retrouvé son patronyme légendaire en 2012 lorsque le personnage est tombé dans le domaine public.
Une aventure palpitante sur une île mystérieuse
Dans La Lignée immortelle, notre cambrioleur à la mâchoire carrée doit relever des défis particulièrement redoutables alors qu'il tente de mettre la main sur un trésor légendaire. Après que leur avion a été abattu par des snipers, Lupin et ses compagnons se retrouvent perdus sur une île isolée où les guette un mystérieux assassin. Pour survivre, il devra s'allier à certains de ses pires ennemis, d'autant plus que les personnes qui restent plus de vingt-quatre heures sur cette île disparaissent définitivement.
Takeshi Koike, un maître de l'anime au sommet de son art
Takeshi Koike, 58 ans, n'est pas un débutant dans l'univers de Lupin. Après avoir réalisé quatre opus de la saga, il est considéré comme un véritable maître de l'anime japonais. Pour ce nouveau film particulièrement dynamique, il met le turbo :
« Il est vrai que j'ai apposé ma patte sur ce film. C'est une tradition au Japon que les personnages changent selon le réalisateur. Je pense que c'est l'une des raisons pour lesquelles Lupin est resté populaire dans le monde entier. Il n'est jamais tout à fait le même. »
Le style de Koike-san surprend constamment par sa fluidité exceptionnelle, ce qui explique pourquoi on lui a confié la réalisation d'un épisode de l'anthologie Animatrix baptisé World Record.
Un retour aux sources sombres et matures du manga
La vision de Koike renoue avec l'esprit du manga original de Monkey Punch, plus sombre et plus mature que certaines adaptations assez enfantines. L'héroïne Fujiko Mine est résolument sexy, ce que le réalisateur assume pleinement : « C'est une femme qui n'a pas froid aux yeux mais qui sait garder ses distances. Elle sait ce qu'elle fait et n'a rien d'une victime ni d'un objet. » Cette fine mouche parvient à voler la vedette aux messieurs avec autant de charme que d'intelligence.
L'adversaire principal, aussi retors que redoutable, contribue également à rendre l'ensemble particulièrement excitant. Le réalisateur de Red Line, où il faisait partager d'incroyables courses de bolides, se confirme comme un roi de l'action qui maîtrise le mouvement de façon ahurissante.
Un scénario complexe et une critique sociale subtile
La société japonaise en prend pour son grade dans cet anime au scénario complexe et à la mise en scène virtuose. « Je n'ai pas voulu faire un film politique, se défend Koike-san. Si on voit des hommes puissants comploter dans l'ombre, c'est parce que je trouvais que c'était un moteur fantastique pour mon histoire. » Quiconque s'est jamais figuré que les scénarios de films japonais étaient simplistes sera agréablement surpris par la profondeur narrative de cette œuvre.
Et la suite ?
Le film nous laisse à bout de souffle en plein suspense avec une envie tenaillante de connaître la suite. Takeshi Koike ne sait pas encore s'il sera celui qui s'attellera à la tâche : « Je me verrais bien continuer à suivre la série en simple fan comme autrefois et profiter de la vision d'autres cinéastes. Je ne me lasserai jamais de Lupin. » Une déclaration avec laquelle tous les amateurs du célèbre cambrioleur ne peuvent que s'accorder. Né en 1905 dans l'imagination de Maurice Leblanc, ce personnage iconique n'a certainement pas fini de se réinventer, que ce soit en prises de vues réelles ou sous forme d'animation virtuose.



