Un retour aux sources pour Esteban Martínez
Ex-enfant terrible du cinéma espagnol exilé à Hollywood, lauréat de deux Oscars, le cinéaste Esteban Martínez renoue avec sa terre natale et avec sa fille, actrice sans emploi qu'il n'a pas vue depuis treize ans. Il lui confie l'un des rôles principaux de son nouveau long-métrage. Ce postulat du premier film en compétition à Cannes de Rodrigo Sorogoyen n'est pas sans rappeler celui de Valeur sentimentale, de Joachim Trier, grand prix du jury l'an dernier. La comparaison s'arrête là, le réalisateur d'As bestas faisant du déroulement du tournage le nerf d'un récit qui met en parallèle la tentative de réconciliation père-fille et les rapports de pouvoir sur un plateau de cinéma.
Deux générations s'affrontent
Deux générations s'affrontent, séparées par les nouveaux usages post-#MeToo qu'Esteban, monstre d'autorité virile, peine à intégrer, et réunies par une manière d'être au monde, des névroses propres à leurs vies d'artistes. Sur ce point, L'Être aimé est d'une grande justesse, offrant deux partitions en or à Victoria Luengo (également à l'affiche d'Autofiction, d'Almodóvar) et à Javier Bardem, magistral, digne d'un De Niro par sa capacité à marier puissance et subtilité.
Un film virtuose mais volatil
Ils donnent corps à un film qui manque d'un supplément d'âme et, de séquences virtuoses en effets chichiteux (pourquoi diable ces passages en noir et blanc ?), fait forte impression mais se révèle assez volatil. Sortie en salle le 20 mai. ★★★☆☆



