« Il était une fois la révolution » : le testament cinématographique de Sergio Leone
Ce soir à 20h50 sur TCM Cinéma, les téléspectateurs pourront redécouvrir un joyau du cinéma italien : « Il était une fois la révolution », le dernier western réalisé par le maître Sergio Leone. Ce film de 1972, d'une durée de 2h32, est une œuvre baroque, violente et drôle, portée par un tandem d'acteurs fabuleux : James Coburn et Rod Steiger.
Une genèse mouvementée et un « complot » hollywoodien
À l'origine, ce récit d'amitié entre un péon malicieux (incarné par Rod Steiger) et un activiste de l'IRA en exil (joué par James Coburn), se déroulant sur fond de révolution mexicaine en 1913, devait être réalisé par un autre cinéaste. Peter Bogdanovich, petite valeur montante du Nouvel Hollywood, en était l'heureux élu avant d'être écarté à quelques jours du tournage.
Dans le livre d'entretiens « Conversation avec Sergio Leone » (Cahiers du Cinéma, 1999) par Noël Simsolo, Leone évoque même un « complot » fomenté par la United Artists pour l'obliger à reprendre en urgence les commandes d'un film dont il n'était initialement que simple producteur.
Une fresque sur l'entourloupe et l'instrumentalisation
L'anecdote est savoureuse car ce western, comme son intrigue, repose sur des mécanismes d'entourloupe et d'instrumentalisation. Le péon profite du chaos révolutionnaire pour dévaliser les diligences bourgeoises, tandis que l'activiste utilise la naïveté de son compagnon pour le politiser malgré lui et en faire un porte-étendard.
Le film dépeint une révolution qui s'apparente presque à une mauvaise blague : ceux qui l'initient par la pensée rechignent à la mettre en pratique, et ses bras armés agissent pour des motifs plus sentimentaux que politiques. Tourné en 1972, « Il était une fois la révolution » capture le moment où les fantasmes de grand chambardement nés dans les années 1960 commencent à se faner.
La marque de fabrique d'un « socialiste déçu »
Le film entérine ce constat amer avec une mélancolie piquée d'ironie affectueuse, signature du génial auteur du « Bon, la Brute et le Truand ». Sergio Leone, qui se définissait comme un « socialiste déçu », infuse son œuvre de sourires d'enfant et de regrets de vieux sage.
Le tandem d'acteurs est exceptionnel : Rod Steiger, que Leone détestait personnellement mais dont il exploite à merveille l'esprit cabotin et la trogne épaisse, et James Coburn, que le réalisateur adorait et qui incarne une élégance baroudeuse intemporelle. Ces deux visages antagonistes mais complémentaires portent la fresque avec une alchimie rare.
Une diffusion à ne pas manquer
« Il était une fois la révolution » est plus qu'un simple western italien ; c'est une réflexion profonde sur l'amitié, la trahison et les illusions politiques. Ne manquez pas sa diffusion ce soir à 20h50 sur TCM Cinéma, où il sera également disponible en multidiffusion et à la demande. Une occasion unique de revoir ou découvrir ce chef-d'œuvre du septième art.



