Kristin Scott Thomas : sa première fois avec Prince à Nice en 1986
Kristin Scott Thomas : sa première fois avec Prince à Nice

Dame Kristin Scott Thomas, actrice britannique anoblie et également de nationalité française, a reçu une Nymphe de Cristal lors du 65e Festival de télévision de Monte-Carlo. Cette récompense honore l'ensemble de sa carrière, débutée… aux studios de la Victorine, à Nice, dans un film de Prince.

Une élégance naturelle et une distance

Difficile de nier l'évidence : il se dégage de Kristin Scott Thomas une forme d'élégance naturelle, de classe, mais aussi une certaine distance. « Parfois, on dit que je peux être terrifiante et je n'ai jamais compris cela, concède-t-elle dans un sourire. Et puis j'ai vu la série Slow Horses dans laquelle je joue en ce moment et j'ai compris ce que les gens disaient, il faut que je sourie plus ! (rires) »

Même si elle a tenu à s'exprimer en anglais face aux journalistes, il a beaucoup été question de France pour celle qui a reçu une Nymphe de Cristal lors de la cérémonie d'ouverture du 65e Festival TV de Monte-Carlo. « J'ai tourné dans un épisode de Maigret en 1984 où j'avais une seule réplique, c'étaient les prémices d'une longue carrière », ironise-t-elle avant de passer au gros morceau : Under the Cherry Moon, un film de et avec Prince, le chanteur iconique, en 1986. Un projet tourné… aux studios de la Victorine, à Nice.

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Les débuts niçois avec Prince

À cette époque, Kristin Scott Thomas joue dans de nombreuses pièces de théâtre à Paris, dont Yes, peut-être de Marguerite Duras. La presse française s'entiche de cette jeune comédienne anglaise qui parle délicieusement la langue de Molière. Alors que le quotidien Le Matin de Paris s'intéresse à son travail, le téléphone de la jeune Britannique sonne.

« C'est une directrice de casting qui cherche une jeune actrice pour un film avec Prince tourné à Nice, rembobine Scott Thomas. J'étais obsédée par sa musique à l'époque. J'ai accepté d'entrée. Et je me retrouve à auditionner pour le rôle principal féminin. Je finis par rencontrer Prince pour un repas, j'étais dans tous mes états : comment vais-je m'habiller ? Que vais-je lui dire ? Je le rencontre à l'hôtel de Crillon, je n'y avais jamais mis les pieds. Il arrive avec sa garde rapprochée. Et j'ai découvert un être humain normal, et c'était le début de ma carrière… »

La difficile gestion du succès

Quarante ans plus tard, celle qui a donné la réplique aux plus grands est moins effrayée par le monde du cinéma et de la télévision. « À mon âge, je n'ai plus peur de personne sur un plateau, c'est normal. Les acteurs sont vulnérables par définition. On doit produire des sentiments, des larmes, des émotions. C'est forcément inconfortable comme situation. »

Mais le déclic a eu lieu quand un réalisateur lui a glissé à l'oreille le conseil le plus judicieux du monde : « “C'est juste un film” est le meilleur conseil que l'on ait pu me donner. Il faut apprendre à laisser couler les choses. »

Pas facile pour autant de savoir gérer une carrière, surtout quand elle se déroule en France, en Angleterre et aux États-Unis. Encore plus quand le succès est au rendez-vous avec des films comme Le Patient anglais ou Quatre Mariages et un enterrement. « Le moment où j'ai eu le plus de succès a été le moment le plus difficile à gérer, confesse-t-elle. Je devais élever mes enfants en même temps, j'étais souvent absente, j'ai manqué beaucoup de choses majeures. Quand ma carrière a commencé à ralentir, je me suis demandé si je devais trouver un autre boulot, je fais un métier itinérant, il faut l'accepter. J'ai toujours eu deux carrières, une dans laquelle je parlais en français, l'autre en anglais. Il faut savoir jongler et c'est sans doute la partie la plus difficile de ce métier. »

Le théâtre d'abord

Malgré une filmographie impressionnante, certains rôles restent particuliers pour elle. « J'ai adoré mon rôle dans le film roumain Un été inoubliable, tourné en roumain, ainsi qu'un film avec Catherine Corsini, Partir, ce sont des projets marquants. »

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Dès son plus jeune âge, Kristin Scott Thomas était amenée à voyager. Fille d'un pilote de la Royal Air Force et catholique pratiquant, elle se prend d'affection pour la comédie en voyant Ian McKellen jouer Roméo et Juliette avec Francesca Annis dans la Royal Shakespeare Company au milieu des années 70. « J'avais le sentiment de ne jamais pouvoir être à ce niveau alors que je voulais absolument faire ce métier », avoue pourtant l'actrice.

Entre France et Angleterre

Aussi populaire et appréciée en France qu'en Angleterre, Kristin Scott Thomas sait parfaitement différencier ses deux pays de cœur. « En Angleterre, on obéit à la lettre, en France on essaie toujours de trouver un moyen de contourner la règle. Je nage entre les deux pays et je me délecte des avantages des deux cultures. Les séries Slow Horses et Le Bureau des Légendes sont une manière parfaite d'expliquer les deux pays sur deux séries qui traitent un peu du même sujet », conclut-elle. Dans un sourire. Évidemment.