Karin Viard révèle les comportements inappropriés subis au cinéma avant #MeToo
Karin Viard dénonce les abus au cinéma avant #MeToo

Karin Viard lève le voile sur les abus normalisés dans le cinéma d'avant #MeToo

L'actrice française Karin Viard a récemment partagé des souvenirs troublants de ses débuts dans le cinéma, décrivant des comportements inappropriés qu'elle considérait comme normaux à l'époque, avant que l'industrie ne soit bouleversée par le mouvement #MeToo. Dans l'émission Clique présentée par Mouloud Achour, la comédienne sexagénaire a évoqué avec franchise cette période où les mentalités différaient radicalement d'aujourd'hui.

Une génération conditionnée à accepter l'inacceptable

Karin Viard a expliqué que, dans sa jeunesse, une actrice devait même se sentir flattée face à des remarques dégradantes sur son physique. Elle a mimé avec ironie les propos entendus : "Non, non, mais elle est bonne, on pourrait avoir envie de la baiser, oui", avant d'ajouter : "Et toi tu dis : 'Merci beaucoup'". Pour elle, cette réaction était le reflet des normes sociales de l'époque, où de tels agissements étaient monnaie courante.

Des auditions traumatisantes devenues banales

L'actrice, connue pour des films comme Nouveau Départ, a raconté sa première audition, qu'elle qualifie de difficile. Entourée uniquement d'hommes, elle s'est retrouvée en sous-vêtements, voire nue, pour mimer une scène de peep show tout en étant filmée. "Je me suis retrouvée entourée de garçons, à être filmée et à mimer une scène de peep show", a-t-elle tenté de se rappeler, soulignant qu'elle trouvait cette situation normale sur le moment.

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Les inégalités profondément ancrées dans l'industrie

Au-delà des comportements inappropriés, Karin Viard a pointé du doigt les inégalités systémiques entre hommes et femmes dans le cinéma. Elle a admis avoir longtemps considéré comme normal d'être payée moins que ses collègues masculins. L'actrice a aussi évoqué le statut de "fille fastoche" attribué aux comédiennes, qui devaient encaisser des réflexions sexistes sans broncher. "Allez je te chambre, t'es pas une mauviette", était le type de remarques qu'elle entendait, auxquelles elle répondait par du répondant pour ne pas montrer de faiblesse.

Une prise de conscience tardive mais salutaire

Rétrospectivement, Karin Viard juge ces rapports "quelle saloperie", reconnaissant qu'ils n'étaient pas intéressants et profondément malsains. Heureusement, elle précise ne pas avoir été traumatisée à l'époque, grâce à un cadre familial qui l'avait habituée à la lutte. Aujourd'hui, elle constate avec soulagement que les mentalités ont évolué et qu'elle n'a plus jamais rencontré ce type de comportements sur les plateaux de tournage, signe que le mouvement #MeToo a bel et bien marqué un tournant dans l'industrie cinématographique.

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