Johann Cuny : de « Broute » à « Fantômas », l'acteur se ressource dans le Lot-et-Garonne
L'acolyte de Bertrand Usclat dans la série humoristique « Broute » poursuit peu à peu sa carrière sur les planches et au cinéma. On le verra dans une version sérieuse de « Fantômas » en 2027 aux côtés de Romain Duris. Après ce tournage, il s'est offert une pause à Tombebœuf, en Lot-et-Garonne. « Ici, à la campagne, on ne fait rien ! » Et visiblement, ce rythme convient parfaitement à Johann Cuny.
La banane en bandoulière, le tote bag en main, le comédien, qui se fait peu à peu une place au soleil sur le petit et le grand écran, se plaît à venir plusieurs fois par an, depuis bientôt huit ans, dans le Lot-et-Garonne pour fuir le tumulte parisien. C'était encore le cas ces dernières vacances, qu'il a passées chez son père à Tombebœuf, dans le nord du département. Le paternel œuvre dans le secteur touristique et lui a prévu des balades dans les châteaux du coin. Dans la commune, personne ne l'interpelle lorsqu'il prend un café en terrasse au restaurant du Lac. « Juste, des fois, on me reconnaît à la gare de Marmande », sourit le trentenaire.
« Baron noir » et « Goliath »
Si son visage est familier, c'est que Johann Cuny est l'une des têtes pensantes de la parodie de « Brut » rebaptisée « Broute ». Ce format court, il en était le scénariste de 2018 à 2022 avec ses acolytes du collectif Yes Vous Aime, Pauline Clément, Bertrand Usclat ou Moustafa Benaibout. Leur série a notamment été très suivie pendant les confinements et même après : citons les épisodes sur la drague féministe ou celui sur la flambée du prix de l'essence, encore valables quatre ans plus tard.
Sa vidéo préférée ? « La brigade des prêtres ». « Avec toute cette bande de potes sortis du conservatoire, on avait monté une chaîne Youtube entre 2013 et 2015, puis exclusivement avec Canal+ », se souvient le Parisien d'origine. Plus de treize ans plus tard, si les capsules ont pris fin après trois saisons, les anciens élèves se fréquentent encore, même s'ils ne jouent plus ensemble. « Je sais que Bertrand écrit un spectacle et, avec Moustafa, ils sont en train d'écrire une série d'animations. De mon côté, j'essaie de développer des séries en tant que scénariste pour les vendre et jouer dedans », rapporte Johann Cuny.
Sa passion pour les planches et la comédie n'a aucune racine familiale : il a inauguré la passion théâtrale en primaire pour vaincre sa timidité maladive et cela a fonctionné tout de suite. Sorti de l'école en 2012, il vit professionnellement de son intermittence depuis 2015.
Un rôle dramatique dans « Fantômas »
À 36 ans, nombreuses sont ses apparitions dans des séries populaires comme « Baron noir », où on le voit briefer la présidente dans la saison 3, ou dans « Culte », notamment. Depuis 2020, il apparaît aussi dans les films de Frédéric Tellier, tels que dans le thriller écologique « Goliath », avec Philippe Lelouche, où il incarne un militant. C'est sa participation dans ce long-métrage qui lui a valu d'être rappelé par le réalisateur. « Je compte bien être comédien jusqu'à la fin de ma vie, coûte que coûte ! »
« Le cinéma est plus concurrentiel donc j'ai enchaîné plein de seconds rôles. Au fur et à mesure, et grâce au travail d'agents, cela devient moins la jungle pour moi », reconnaît ce fils d'une ancienne championne de France de natation. Son « feeling » avec le cinéaste, à qui l'on doit aussi le biopic sur l'abbé Pierre, « Sauver ou périr » ou « L'Affaire SK1 », lui a ouvert une très grande porte. « Il m'a recontacté directement car il voulait que je joue dans 'Fantômas', ce qui m'a permis d'éviter de passer un casting, l'étape qui est quand même la plus emmerdante dans ce métier. »
Appelé en octobre, Johann Cuny a tourné ses scènes en janvier et février dans la région parisienne. Pour ce film à gros budget et effets spéciaux, on ne devrait pas le louper puisqu'il donne la réplique à Romain Duris, entre autres. Anna Girardot interprète une journaliste et Guillaume Canet figure aussi au générique. « Je joue un des flics qui recherchent Fantômas. Dans ma tête, j'avais la version de De Funès mais là, c'est tout à fait sérieux. Ce qui n'est pas pour me déplaire d'avoir un rôle dramatique », poursuit l'ex-gamin d'Ivry.
Entre deux époques
Depuis le début de sa carrière, celui qui dit évoluer « entre deux époques », a remarqué que les réseaux type Instagram ou TikTok ont changé la profession. « Aujourd'hui, les plateformes type Netflix regardent le nombre d'abonnés Insta de certains comédiens pour valider les futures entrées, ça n'existait pas quand j'ai démarré. Mais c'est aussi un appel à créer des contenus et à ne plus attendre chez toi un coup de fil », nuance ce dernier. Et si on ne l'appelle plus justement ? « Je ne sais pas faire grand-chose d'autre donc je compte bien être comédien jusqu'à la fin de ma vie, coûte que coûte ! »
Bien avant d'en arriver là, sa parenthèse lot-et-garonnaise achevée, Johann Cuny repartira en tournée avec la pièce « Fête des mères », mêlant comédie et rancunes entre frères et sœurs.



