Une vie dédiée au cinéma s'achève par une dernière séance symbolique
Natif de La Rochelle, Jean-Louis Barraud célèbre bientôt ses 80 ans, mais c'est ce lundi 16 février qu'il offre au public une projection très spéciale au cinéma du Gallia. Cette « dernière séance » marque la fin d'un engagement de plusieurs décennies dans l'animation de ciné-clubs, d'abord à Paris puis à Saintes.
Du ciné-club des PTT à la renaissance du club de Saintes
Son parcours cinéphile commence tôt : à 14 ans, il fréquente déjà un ciné-club à La Rochelle. Après être entré aux PTT comme simple guichetier, il se retrouve nommé à Paris où il prend la présidence du ciné-club des PTT, l'un des plus importants de la capitale avec près de 2 800 adhérents. C'est dans cette salle de 800 places qu'il accueille des figures marquantes du cinéma français, dont Jacques Tati dont il garde un souvenir ébloui.
En 1986, il choisit de s'installer à Saintes, attiré notamment par la présence d'un ciné-club. « Si on voulait des enfants, il valait mieux vivre en province », explique-t-il. À son arrivée, le ciné-club local est en déclin, mais Jean-Louis Barraud parvient à le revitaliser en attirant une nouvelle génération de quadragénaires, faisant passer les effectifs de 75 à 275 adhérents en peu de temps.
Un combat pour la sauvegarde des salles obscures
Son engagement ne se limite pas à la programmation. Lorsque des travaux menacent la salle de cinéma du Gallia, il se bat avec d'autres passionnés pour sa préservation. « Quand il y a eu des travaux au Gallia, il était prévu de supprimer la salle de cinéma, on s'est battu pour la garder », se souvient-il avec fierté.
Pendant près de trente ans, de 1986 à 2015, il reste un pilier du ciné-club de Saintes, affrontant les difficultés propres à la province. « On me demandait quel était l'aéroport le plus proche », soupire-t-il en évoquant la complexité à faire venir des professionnels comparé à Paris.
Une curiosité culturelle jamais rassasiée
Même après l'essoufflement du ciné-club en 2015, Jean-Louis Barraud continue d'animer des séances au Gallia ou à Atlantic-Ciné. Sa page Facebook témoigne d'un appétit culturel insatiable : danse à Niort, récital de piano à l'abbaye aux Dames, ballet au Gallia, concert à La Rochelle... Ce grand fan de l'ancien festival Coconut aime particulièrement « rencontrer les gens à leurs débuts ».
« Larmes de joie » pour clore le chapitre
Pour cette ultime projection, il a choisi « Larmes de joie » de Mario Monicelli, un film italien de 1960 méconnu qui n'est sorti en France qu'en 2013 et dont une copie restaurée a été éditée en 2024. « C'est l'histoire de trois pauvres hères, dans Rome, la nuit de la Saint-Sylvestre », décrit-il avec passion.
Jean-Louis Barraud lance un appel aux anciens adeptes du ciné-club pour partager une dernière fois sa curiosité cinématographique. Rendez-vous ce lundi 16 février à 20h30 au Gallia, aux tarifs habituels du cinéma, pour célébrer avec lui une vie entière dédiée au 7e art.



