Le Sonambule, à Gignac (Hérault), accueille le vendredi 24 octobre le crooner suédois Jay-Jay Johanson, toujours aussi classieux et en très grande forme artistique.
Un retour attendu
"So tell the girls that I am back in town." Quand la France l’a découvert et adopté en 1996, Jay-Jay Johanson invitait, sur un ton délicieusement affecté, à alerter les filles de son retour. Douce plaisanterie d’un antihéros romantique, rejeton scandinave du trip-hop, ce mélange de soul, de jazz et de hip-hop abstrait alors triomphant en Europe. Les années ont passé, et les modes n’ont pas fait mieux. Chaque fois que le pâle chanteur septentrional a refait parler de lui, le refrain est revenu, légitimement. Car cela a toujours valu le coup de prévenir du retour de Jay-Jay Johanson. Pour être par nature un peu glacé, notre dandy n’a jamais été figé, mais a toujours bougé, tenté, créé. Un artiste à l’inspiration intacte trois décennies après son apparition.
Un quinzième album magnifique
Ainsi, Backstage, son quinzième album studio qui nous vaut de le voir le vendredi 24 octobre au Sonambule, à Gignac, est-il un petit bijou de recueil, à la fois hors du temps et parfait pour l’instant présent. Cet émule de Chet Baker, Lalo Schiffrin, Burt Bacarach, Michel Legrand et Ennio Morricone slalome avec élégance entre pop raffinée, torch song électronique, ballade jazzy et lounge synthétique. Immédiatement savoureux, mais riche de détails sophistiqués, plein d’influences variées, c’est un vrai régal, comme un dîner dans un grand restaurant étoilé, l’addition salée et l’ambiance coincée en moins.
Par ailleurs, si l’honnêteté nous oblige à préciser qu’elle fait sa première partie, on peut aussi voir l’expression de la galanterie un peu surannée de Jay-Jay Johanson dans le fait que l’excellente chanteuse Sandra Cipolat (du collectif Koa) monte sur scène avant lui, pour présenter en trio son alliage très moderne de soul, de jazz et de pop expérimentale. On arrivera donc à l’heure pour elle et on l’oubliera complètement avec lui.



