I Love Peru : le phénomène Raphaël Quenard né dans l'Hérault
I Love Peru : le phénomène Raphaël Quenard dans l'Hérault

Le film I Love Peru, faux documentaire savoureux, témoigne de l'amitié née sur le tournage de Chien de la casse entre l'acteur Raphaël Quenard et le réalisateur Hugo David. Ce long métrage plutôt court repose sur le même principe drolatique du mockumentaire, un vrai faux documentaire parodique, et a pour sujet le phénomène Raphaël Quenard.

Une amitié née dans l'Hérault

À l'origine de I Love Peru, il y a Chien de la casse, le film génial (presque) entièrement tourné au Pouget, réalisé par le Montpelliérain Jean-Baptiste Durand. Ce film a été récompensé par le César du meilleur premier film, et Raphaël Quenard a obtenu celui de la révélation masculine. Hugo David était présent sur le tournage en novembre et décembre 2021 ; jeune Tourangeau passé par Travelling, l'école supérieure du cinéma et de la télévision installée à Mauguio, il en co-réalisait le making-of avec Thibaut Bayard. C'est là qu'un soir de pleine lune, ou une nuit de pleine murge (l'histoire manque de précisions à cet endroit), que Hugo David et Raphaël Quenard ont eu un coup de foudre amical.

Un phénomène du cinéma français

Raphaël Quenard est la plus spectaculaire révélation du cinéma français depuis Jean-Pascal Zadi. Doté d'une persona, d'un clown immédiatement identifiable et définitivement singulier, il ajoute une incontinence verbale, doublée d'un certain génie de l'improvisation amphigourique, servi avec un accent prononcé et une diction articulée, comme on n'en avait pas vu depuis Benoît Poelvoorde. Bref, un phénomène ! Et, vu de Paris, sans doute aussi une attraction.

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I Love Peru joue là-dessus. Sur l'idée que l'on se fait de ce comédien hors normes et du désir subséquent, et inconscient, qu'il le serait encore plus que ce que l'on imagine. Ainsi, le film retrace-t-il le parcours du jeune acteur avant la célébrité. Il le montre dévoré par la passion du jeu, prêt à tout (mais alors, vraiment tout !) pour se faire une place dans le cinéma français. Mais une fois césarisé, il part en vrille, il lâche ses amis les plus fidèles et il vire lourdingue au point de se faire larguer par sa petite amie. Abattu, désorienté, il a alors une vision : il faut qu'il aille au Pérou.

Entre ciné vérité et télé bobard

Inspiré par l'émission Striptease, jusque dans sa facture modeste, bricolée, un peu arrachée au réel, I Love Peru avance en déséquilibre permanent sur une sente de cordillère narrative entre vérité et bobard. On y croise Jean-Pascal Zadi, François Civil, Marina Foïs et Michel Hazanavicius, tous excellents dans leurs interactions face à Raphaël Quenard... mais est-ce écrit, improvisé ou spontané ? On y découvre que ledit profus et provoc rigolo est un radin de la pire espèce, dont le narcissisme outrancier n'est pas loin de le rendre antipathique... mais n'est-ce pas le genre de défauts que l'on attend, sinon espère, d'une célébrité aussi phénoménale ?

Tout n'est pas réussi dans I Love Peru, loin s'en faut. L'escapade péruvienne ne remplit pas toutes ses promesses, loin de là. Mais le film passionne pour ce qu'il interroge du bouleversement à passer comme Raphaël Quenard de l'anonymat du second rôle à la surmédiatisation de la star. Et il régale pour ce qu'il témoigne d'une amitié à la vie, à la mort, aux gogues, née dans le Montpelliérain !

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