Hélène de Fougerolles s'attaque aux diktats de l'image dans 'Apparences' sur France 2
L'actrice Hélène de Fougerolles, célèbre pour son rôle dans 'Sam' et prochainement à l'affiche de 'Nora et Gil' sur TF1, prend la tête d'un thriller en quatre épisodes intitulé 'Apparences'. Diffusée sur France 2 ce mercredi 25 mars et disponible sur france.tv, cette série la voit incarner Gabrielle Pasquier, une journaliste d'investigation qui plonge dans les sombres secrets du monde de la chirurgie esthétique.
Une enquête macabre à Bordeaux
L'intrigue se déroule à Bordeaux autour de la mort mystérieuse d'un chirurgien esthétique renommé, dans une mise en scène particulièrement macabre. L'enquête est menée par Sarah Santoni, interprétée par Léonie Simaga, une policière dont cette affaire réveille des souvenirs douloureux. Quelques années plus tôt, c'est précisément cette victime qui avait reconstruit son visage après une agression et l'avait aidée à se reconstruire psychologiquement.
Parallèlement, Gabrielle Pasquier mène sa propre investigation sur les dérives du culte de l'image et les pratiques troubles de la clinique qui employait le chirurgien décédé. Les soupçons se portent rapidement sur Jessica, jouée par Léa Leviant, une jeune patiente défigurée suite à une opération esthétique ratée.
Un questionnement profond sur la tyrannie de l'apparence
'Apparences' se présente comme un thriller qui interroge avec acuité la dictature de l'image et l'impact dévastateur de la chirurgie esthétique sur les plus jeunes, notamment via l'influence des réseaux sociaux. Hélène de Fougerolles confie que ce sujet la touche particulièrement : 'C'est un sujet qui m'interpelle. Cela fait réfléchir, même philosophiquement parlant, avec toutes les questions qu'on peut se poser : pourquoi chercher à tout prix à plaire et croire que le regard de l'autre va nous donner notre valeur ?'
L'actrice de 53 ans poursuit : 'Pire, jusqu'à quel point est-on prêt à aller dans notre rapport à l'image, que ce soit pour des jeunes ou pour des femmes de mon âge qui sont actrices et qui se sont regardées ? J'ai adoré le personnage de Gabrielle qui, elle justement, est un peu extérieure à tout ça. Elle se plonge dans ce sujet, mais elle ne s'est jamais posé cette question de savoir si elle allait plaire. Elle ne joue absolument pas à ça, je trouve ça très inspirant.'
Le détachement comme philosophie de vie
En endossant le rôle de cette journaliste d'investigation, Hélène de Fougerolles savoure particulièrement la distance que son personnage entretient avec l'injonction au paraître. Elle partage sa propre philosophie : 'Je trouve ça merveilleux de vieillir. Après, c'est vrai que je passe aussi en tant que comédienne photographiée, regardée, par des phases où je me pose plein de questions autour de ce à quoi j'ai envie de ressembler. Je travaille vraiment sur le fait d'essayer de me détacher du regard qu'on peut avoir sur moi.'
L'actrice révèle que son personnage l'a considérablement aidée dans ce cheminement personnel. Pour cultiver ce détachement, elle s'appuie sur une lecture marquante : 'J'ai lu un livre qui m'a vachement aidée : L'art subtil de s'en foutre, c'est génial, franchement ce livre m'a sauvée. Et sans faire gaffe, j'essaye de l'appliquer quotidiennement, c'est tellement libérateur, à tous les niveaux.'
Le doute comme moteur créatif
Ironie du sort, plus l'expérience s'accumule dans la carrière de l'actrice, plus elle éprouve de doutes comparativement à ses débuts. 'J'ai l'impression qu'à 20 ans, j'avais une assurance, une confiance incroyable. Je faisais des choses sans réfléchir, avec insouciance peut-être. Aujourd'hui, j'ai des moments de doute, où je me sens à côté, où j'ai l'impression que je peux être nulle', analyse-t-elle avec lucidité.
Mais loin de la décourager, cette remise en question permanente devient une force : 'Mais c'est bien, de toujours douter, de ne jamais trop savoir, de ne jamais être vraiment en confiance. J'ai l'impression, alors que je connais ce métier, que je sais comment il fonctionne, que j'ai parfois des grands moments de doute avec mon jeu.'
Hélène de Fougerolles confesse que si elle peut être solide dans la vie quotidienne, elle se sent vulnérable sur un plateau de tournage. 'Et quand on tombe sur des personnes, sur un tournage, qui s'engouffrent dans cette brèche-là, c'est un cauchemar', glisse-t-elle. Mais comme son personnage de Gabrielle, elle parvient à prendre de la hauteur face à ces défis.
La série 'Apparences' propose ainsi un thriller haletant qui dépasse le simple cadre policier pour sonder les profondeurs de notre rapport à l'image et à l'apparence. Un questionnement d'autant plus pertinent à l'ère des réseaux sociaux et des standards de beauté toujours plus exigeants.



