Jean-Jacques Guinot raconte ses 1000 jours avec Dorothée chez AB Productions
Guinot : ses 1000 jours avec Dorothée chez AB Productions

Les confidences exclusives de Jean-Jacques Guinot sur son expérience aux côtés de Dorothée

Jean-Jacques Guinot a marqué l'histoire de la télévision jeunesse française en travaillant chez AB Productions entre 1989 et 1994. Parti de simple stagiaire, il a gravi les échelons avec une rapidité remarquable pour devenir premier assistant réalisateur. Aujourd'hui, il partage cette aventure extraordinaire dans son livre 1.000 jours avec Dorothée, un ouvrage foisonnant d'anecdotes sur les coulisses de l'émission phare de TF1. Alors que Dorothée se produit en concert ce week-end au Palais des Congrès de Paris, Guinot a accepté de revenir avec 20 Minutes sur cette période unique et sur sa « maman de télévision ».

Une arrivée rocambolesque chez AB Productions

Comment vous êtes-vous retrouvé à travailler au côté de Dorothée ? La réponse de Jean-Jacques Guinot est un véritable récit d'aventure. « J'ai commencé comme stagiaire. J'avais 23 ans, je venais d'un village de 160 habitants à côté de la frontière suisse. J'ai décidé de monter à Paris, en auto-stop, pour travailler avec Dorothée sur TF1. Évidemment, on m'a pris pour un fou. Je n'avais aucun contact », confie-t-il. Pendant des mois, il a harcelé le standard d'AB Productions, appelant plusieurs fois par jour pour demander Jean-Luc Azoulay, le producteur et cofondateur. Les secrétaires faisaient systématiquement barrage, prétextant qu'il était en tournage ou en voyage. « Puis, un jour, j'ai dit : 'Bonjour, je suis Jean-Jacques et je veux parler à Jean-Luc', et elle me l'a passé. C'est comme ça que l'aventure a commencé. D'abord en tant qu'assistant stagiaire, non rémunéré comme ça se faisait à l'époque. Et, en quelques mois, j'ai fini premier assistant réalisateur. »

L'organisation minutieuse du premier Bercy de Dorothée

Guinot a également joué un rôle crucial dans l'organisation du premier concert de Dorothée à Bercy en janvier 1990. Alors que toute l'équipe était en congés après l'enregistrement des émissions, il a insisté pour participer aux préparatifs. « Je savais qu'ils n'avaient pas d'assistant alors j'ai présenté ma candidature à Jean-Luc Azoulay. Il était étonné que je ne parte pas en vacances. Je lui ai dit que je préférais travailler sur les shows à Bercy et que des Noël en famille, il y en aurait d'autres », raconte-t-il. La tâche était colossale : Bercy, avec sa scène de 1.000 mètres carrés, nécessitait une logistique impeccable. « On n'avait que trois jours de répétition sur place à cause du coût. Donc on a répété pendant un mois ailleurs et j'avais matérialisé la scène, les escaliers, les loges… avec des rubans adhésifs au sol. C'était plus facile de dire : 'Non, là, [Bernard] Minet, tu vas trop loin, tu marches sur le public…' » Guinot cumulait les fonctions : assistant, topeur, régisseur adjoint, réglant tous les problèmes avec une efficacité remarquable.

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Le self-control impressionnant de Dorothée face aux imprévus

Contrairement à beaucoup d'artistes, Dorothée faisait preuve d'un sang-froid exceptionnel. « Dorothée a toujours fait preuve d'un self-control qui m'impressionnait. Contrairement à Pat Le Guen, le réalisateur, qui hurlait à la moindre chose pour évacuer son stress. En cinq ans de travail avec elle, je ne l'ai jamais vue hausser la voix. Elle est très concentrée, elle est une pro de chez pro », affirme Guinot. Il compare cette attitude à d'autres personnalités télévisuelles comme Christophe Dechavanne ou Jean-Pierre Pernaut, soulignant que rarement il a rencontré quelqu'un d'aussi imperturbable. Pourtant, les perturbations étaient fréquentes, comme lors d'un concert où Dorothée devait faire son entrée à dos d'éléphant. « L'animal est entré dans la loge. Dorothée s'est retrouvée coincée entre le plafond et l'éléphant. Ce jour-là, j'ai cru qu'elle allait mourir. Sur scène, les musiciens et les choristes ne comprenaient pas pourquoi Dorothée n'arrivait pas », se souvient-il. Malgré la douleur et la peur, Dorothée a insisté pour continuer le spectacle, remontant sur l'animal et faisant son entrée comme si de rien n'était, laissant Guinot stupéfait.

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Cinq mots pour résumer mille jours d'aventure

Interrogé sur les mots qui résumeraient ses mille jours avec Dorothée, Jean-Jacques Guinot répond sans hésiter : « Folie. Exubérance. Créativité. Travail, parce qu'on travaillait entre dix et seize heures par jour. La première année, j'ai calculé, j'ai travaillé 1.200 heures. Vous imaginez ? Et le cinquième mot, ce serait passion, parce qu'on ne pouvait pas faire ce travail sans passion. C'était comme une famille. Sans cet esprit-là, tu ne pouvais pas durer. Si tu ne rentrais pas dans la famille, tu partais au bout de six mois. » Cette expérience unique a marqué à jamais celui qui, parti d'un petit village, a conquis les coulisses de la télévision jeunesse française grâce à sa détermination et son amour du métier.