José Luis Guerín présente son documentaire sur la mutation urbaine à Barcelone
Guerín filme la mutation d'un quartier barcelonais

José Luis Guerín dévoile un documentaire poignant sur la transformation urbaine à Barcelone

Ce lundi 6 avril 2026, le cinéaste espagnol José Luis Guerín a présenté son documentaire Histoires de la bonne vallée au cinéma Athénée, dans le cadre du festival Traversées. Ce film, tourné sur deux années et demie en Espagne, offre un regard intimiste sur la mutation d'un quartier périphérique de Barcelone, Vallbona, confronté à des conflits urbains et sociaux.

Une commande artistique à l'origine du projet

L'idée du documentaire est née d'une commande du Musée national d'Art de Catalogne, qui a invité des artistes de diverses disciplines à produire des œuvres autour des quartiers défavorisés de Barcelone. Après avoir livré son projet initial, José Luis Guerín a décidé d'approfondir ses recherches sur Vallbona, un quartier en pleine métamorphose, marqué par l'installation d'une ligne à grande vitesse.

Le film décrit la réalité concrète de ce quartier isolé, où subsistent encore des terres agricoles, un rare vestige dans une métropole en pleine urbanisation. Tout au long du documentaire, on observe le passage de 30 à 40 trains qui ne s'arrêtent jamais, symbolisant l'éloignement et l'isolement des habitants.

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Un phénomène global de marginalisation urbaine

José Luis Guerín souligne que cette situation reflète un phénomène plus large. « Toutes les villes ont, un jour, été construites sur la campagne, avec tout ce que ça apporte comme conflits urbains, sociaux, environnementaux et identitaires », explique-t-il. Il note également que la vie populaire est de plus en plus déplacée vers la périphérie, tandis que les centres-villes, devenus trop chers, se transforment en décors muets réservés aux touristes.

Bien que son documentaire précédent, En construction (2001), traitait déjà de la mutation du paysage urbain à Barcelone, Guerín précise que les deux films ne forment pas une suite logique. Cependant, ils partagent un désir commun de créer un récit universel sur les impacts de l'urbanisation.

Une approche intimiste et subjective

Dans Histoires de la bonne vallée, José Luis Guerín s'intéresse aux vies ordinaires des habitants, qu'il considère comme « le grand spectacle du monde ». Il a passé deux ans et demi avec eux de manière fragmentée, observant l'évolution du quartier avec l'arrivée de la ligne à grande vitesse. Cette immersion lui a permis de capturer des personnages intéressants et d'adopter un style de filmage très intimiste.

Le réalisateur invite le public à découvrir son documentaire pour comprendre les évolutions positives et négatives liées à cette construction. L'isolement provoque un manque de services dramatique, mais il a aussi permis de préserver un mode de vie éradiqué du centre-ville. Ce film subjectif et introspectif offre ainsi une vision unique de la mutation d'un quartier à travers le regard de ses habitants.

La projection de Histoires de la bonne vallée a eu lieu en présence de José Luis Guerín, ajoutant une dimension interactive à cet événement culturel. Ce documentaire s'inscrit dans la programmation du festival Traversées, qui met en lumière des œuvres engagées et méditerranéennes.

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