« Grave » : le film d'horreur français qui révèle Julia Ducournau
Ce soir à 22h35 sur Ciné+ Frisson et disponible à la demande sur myCANAL, « Grave » de Julia Ducournau propose une plongée audacieuse dans les méandres du bizutage, du cannibalisme et de la quête d'identité. La réalisatrice détourne avec brio les codes traditionnels du film d'horreur pour signer une œuvre aussi troublante que stimulante, qui continue de marquer les esprits depuis sa découverte en 2016.
Une intrigue qui défie les conventions
Justine, interprétée par la talentueuse Garance Marillier, est une élève brillante qui intègre l'école vétérinaire où étudie déjà sa sœur aînée, personnage aussi dévergondé que Justine est réservée. À la suite d'un bizutage particulièrement intense, la jeune femme végétarienne développe une violente allergie cutanée et découvre en elle des pulsions inattendues : elle se transforme en mangeuse d'homme.
La presse internationale n'a pas manqué de souligner l'aspect incroyablement gore du film, allant jusqu'à comparer « Grave » à des classiques du genre comme « Maniac » ou « Cannibal Holocaust ». Pourtant, Julia Ducournau excelle à créer un malaise subtil, qu'elle tempère régulièrement par une mise à distance intelligente ou des touches d'humour potache, évitant ainsi le simple choc gratuit.
La patte prometteuse de Julia Ducournau
Découvert en 2016 à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes, « Grave » révèle une réalisatrice au style très prometteur, qui fusionne les influences de Cronenberg, Riad Sattouf et Gregg Araki. Dans un jeune cinéma français qui peine souvent à marier le genre horrifique avec des ambitions d'auteur, Ducournau réussit cet équilibre délicat avec une maîtrise remarquable.
La cinéaste, âgée de 34 ans au moment du tournage, questionne nos repères moraux avec une modernité rafraîchissante. Qu'elle explore les identités sexuelles fluides ou bouscule les tabous entourant l'amour fraternel, ses réflexes d'ancienne élève de la Femis sont parfois visibles, mais toujours stimulants intellectuellement.
Une vision personnelle et engagée
« Grave possède un aspect léger, un côté teen-movie avec de l'humour, mais il met en scène une forme de damnation », expliquait Julia Ducournau à la sortie du film. « Ce qui m'intéressait particulièrement, c'était la création d'une identité morale au sein même d'une perversion. »
Le parcours personnel de la réalisatrice éclaire son approche unique. Fille d'un dermatologue et d'une gynécologue, elle a compulsé très jeune les livres de médecine de ses parents et découvert « Massacre à la tronçonneuse » à seulement 6 ans. Cette Parisienne qui ne s'habille qu'en noir, parle cash et rejette les étiquettes est décrite par ses proches comme farouchement féministe.
« Je n'ai jamais eu le sentiment d'appartenir à un sexe », confie-t-elle, illustrant cette fusion des genres qui dépasse largement le cadre cinématographique pour toucher à l'identité même.
Une diffusion à ne pas manquer
Ne manquez pas la diffusion de ce film d'horreur français ce lundi 16 mars à 22h35 sur Ciné+ Frisson. D'une durée de 1h38, « Grave » avec Garance Marillier reste disponible à la demande sur myCANAL pour ceux qui souhaiteraient découvrir ou redécouvrir cette œuvre marquante du cinéma français contemporain.



