Gilles Lellouche se régale dans "La Vénus électrique" à Cannes
Gilles Lellouche : "La Vénus électrique" à Cannes

Gilles Lellouche se régale dans "La Vénus électrique"

Le comédien Gilles Lellouche brille dans "La Vénus électrique", une comédie romantique au charme fou dévoilée en ouverture du Festival de Cannes ce mardi soir. Avant d'entrer dans le vif de la compétition ce mercredi 13 mai, le Festival de Cannes commence habituellement par un long-métrage pétillant et joyeux. Cette année, "La Vénus électrique" remplit parfaitement cet office. Le nouveau film de Pierre Salvadori, qui sort simultanément en salle, met en scène, dans le Paris des années 1920, entre occultisme et fêtes foraines, les chassés-croisés amoureux entre un peintre désespéré, une fausse médium et un galeriste madré.

Très rigoureuse dans son montage, cette comédie romantique galope pendant deux heures avec brio, entre fantaisie et mélancolie. Elle est portée par un quartet d'acteurs électrisés par l'aventure : Anaïs Demoustier, Pio Marmaï, Vimala Pons et Gilles Lellouche. "Sud Ouest" a rencontré ce dernier avant la montée des marches.

L'un des charmes de "La Vénus électrique" est que les quatre personnages principaux sont attachants, bien que pleins de défauts. Gilles Lellouche explique : "Oui, ils sont cruels, égoïstes et, en même temps, ce sont des gens qui souffrent et le cachent, ce qui leur donne une forme de noblesse. Ils sont véritablement humains. Et aucun n'a renoncé à aimer."

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Le film est divertissant et sophistiqué, superposant plusieurs récits. Selon Lellouche, c'est la maestria de Pierre Salvadori dans l'écriture et la mise en scène : "Il sait bâtir ces constructions avec plein de tiroirs différents."

Son personnage, Armand, est un marchand d'art à la fois sentimental et cupide. Comment a-t-il abordé sa psychologie ? "Il est roublard et sensible, ambigu, double, comme chacun d'entre nous. Après, pour être honnête, je ne m'interroge jamais sur la psychologie de mes personnages. Je considère que ça, c'est le travail du réalisateur. C'est l'auteur qui conçoit le personnage, son tempérament, lui imagine un passé. Certains acteurs ou actrices aiment se rassurer en questionnant beaucoup le cinéaste sur l'histoire de leur personnage, mais, pour ma part, je me concentre sur mon métier d'interpréter. Jouer, c'est très concret, très 'réel'. C'est une façon de se tenir, de dire une phrase, de poser un regard."

Les dialogues sont ciselés sans sembler artificiels. Lellouche souligne : "Pierre ne tombe jamais dans le piège du 'mot d'auteur', ces formules trop poétiques pour paraître naturelles. Souvent, dans les scénarios, j'ai tendance à m'agacer, à raturer des dialogues écrits de manière trop théorique, sans conscience du jeu, du rythme. Là, c'est tout le contraire. Ça vient sans doute du fait que Pierre Salvadori est lui-même comédien. C'est si fluide, si agréable que j'ai eu l'impression qu'il avait écrit en répétant les scènes à l'oral dans sa cuisine."

À propos de son retour à Cannes après avoir présenté "L'Amour ouf" en tant que réalisateur en 2024, il confie : "Détendu ! Pour un acteur, Cannes, ce n'est pas du tout le même stress que pour un réalisateur… On est heureux avec Pio, Vimala et Anaïs de présenter ce film en ouverture. Je ne suis pas très inquiet de l'accueil de la presse et du public. Pour le réalisateur, Pierre, l'anxiété est sans doute un peu plus grande."

"La Vénus électrique", durée 2 h 02, est en salles le mardi 12 mai.

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