Le 79e Festival de Cannes réserve son lot de surprises, et l'une des plus attendues est sans doute « Moulin », le nouveau film du réalisateur hongrois László Nemes. Après avoir bouleversé le monde avec « Le Fils de Saul », qui plongeait au cœur des camps de la mort, Nemes s'attaque cette fois à un chapitre sombre de l'histoire de France : l'arrestation et la torture de Jean Moulin par Klaus Barbie.
Un face-à-face historique
Le film met en scène un duel psychologique d'une intensité rare entre le chef de la Résistance, incarné par Gilles Lellouche, et le tortionnaire nazi, joué par Lars Eidinger. Le réalisateur explore la fragilité humaine face à l'horreur, en s'appuyant sur les dernières heures de Jean Moulin. « S'ils me torturent, je ne tiendrai pas... », confie le résistant à un compagnon d'infortune, alors qu'ils tournent en rond dans la cour du siège de la Gestapo à Lyon. Pourtant, l'histoire retient que Moulin n'a pas craqué, malgré les sévices subis.
Une mise en scène sobre et puissante
László Nemes, fidèle à son style, évite le sensationnalisme. Le scénario, coécrit avec Olivier Demangel, parvient à esquiver les pièges du biopic traditionnel pour offrir une œuvre à la fois formellement brillante et émotionnellement sobre. La première partie du film, proche du thriller d'espionnage, rend hommage à l'humanité de Moulin : formé au parachutisme à Londres, dessinateur, amateur d'art, il était aussi un homme sensible aux femmes. Le réalisateur montre un héros par devoir, avant qu'il ne devienne martyr.
Des interprétations remarquables
Gilles Lellouche, en taille « patron » de la Résistance, s'est glissé dans ce costume XXL avec autorité et humilité. Il joue sur la sobriété pour incarner cette figure symbolique, sans tomber dans la caricature. Face à lui, Lars Eidinger campe un Klaus Barbie dont la courtoisie de façade est encore plus terrifiante que les sévices qu'il ordonne. Leur confrontation est glaçante et constitue le cœur du film.
« Moulin » n'est pas un simple biopic : c'est une exploration de la résistance humaine face à la barbarie. Le film, qui sortira en salles le 28 octobre, mérite amplement sa place en compétition au Festival de Cannes. Notre note : 4/5.
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- « Moulin est un héros dingue, à côté duquel le métier d'acteur paraît idiot », estime Gilles Lellouche.
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