Les films de la semaine : Billie Eilish, comédie sentimentale et pépites japonaises
Films de la semaine : Billie Eilish, comédie et pépites

Attention, si vous êtes fan de Billie Eilish, vous avez deux jours (les 7 et 8 mai) pour découvrir son concert filmé par le grand James Cameron. Comment un couple séparé depuis des années renoue avec ses sentiments enfouis après un voyage au Vatican pour l’annulation de leur mariage à l’Église ? C’est la comédie sentimentale de la semaine signée Fabien Gorgeard, Grand Prix du Festival de l’Alpe d’Huez. À noter également une petite merveille, Mon grand frère et moi, le nouveau film du très doué Ryôta Nakano, le premier film réussi de Catherine Cosme, Sauvons les meubles et un voyage en Italie avec Cinque secondi. Enfin, vous pouvez vous passer de Mortal Kombat II, un match vraiment nul.

« Billie Eilish – Hit Me Hard and Soft : The Tour » (Les 7 et 8 mai) ✭✭✭

Pour les fans

À 71 ans, James Cameron pose pour la toute première fois sa caméra au service d’une chanteuse, la tornade californienne Billie Eilish, 24 ans, icône d’une génération aux dix Grammy et deux Oscars. Main dans la main dans la réalisation de Hit Me Hard and Soft : The Tour (Live in 3D), tourné lors de quatre dates à Manchester, les deux compères déroulent 90 minutes d’un concert au réalisme sonore impressionnant. Ils ne cachent rien de la violence du métier, des fans envahissants, et de la solitude que charrie le succès…

Mais Billie Eilish veille désormais à préserver sa vie privée et garde James Cameron en retrait, quand la 3D argumentée en produit de vente n’est franchement pas utile. Résultat : un film pour les fans, ceux présents aux concerts, le visage défiguré par l’émotion. C’est aussi le point final d’une ère pour Billie Eilish, qu’elle clôt avec panache, avant de nous donner rendez-vous pour la prochaine fois. Attention : le film ne sera projeté en salle que pendant deux jours, les 7 et 8 mai.

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« C’est quoi l’amour ? » ✭✭✭✭

Retour de flamme

Lorsque Fred (Vincent Macaigne) demande à son ex-femme, Marguerite (Laure Calamy), qui a refait sa vie avec Sofiane (Lyes Salem), de bien vouloir annuler leur mariage à l’Église pour pouvoir s’y remarier avec sa nouvelle compagne, Chloé (Mélanie Thierry), il ne se doute pas que cela va être plus compliqué que prévu. Pour entériner cette décision, Fred et Marguerite doivent d’abord prouver qu’ils ne se sont jamais aimés, malgré la fille qu’ils ont eue ensemble et se rendre au Vatican pour être entendus par un prêtre (Jean-Marc Barr). Cette formalité les conduit à replonger dans leur passé et à redécouvrir des sentiments réciproques qui n’ont jamais disparu. Comme une petite flamme qui renaît entre eux lors d’un voyage en famille avec les enfants…

Après le drame intime de La Vraie Famille, avec Mélanie Thierry que l’on retrouve ici, le réalisateur Fabien Gorgeart opte pour la comédie sentimentale avec des personnages attachants : le couple épatant formé par l’énergique Laure Calamy et le lunaire Vincent Macaigne, le charme de Mélanie Thierry et l’assurance tranquille de Lyes Salem. L’histoire ne manque pas de fantaisie ni de surprises, avec un soupçon de mélancolie. De quoi remporter le Grand Prix du Festival de l’Alpe d’Huez doublé d’un prix d’interprétation mérité pour Laure Calamy.

« Sauvons les meubles » ✭✭✭

Doux tire-larmes

Lucile Langlois (merveilleuse Vimala Pons) est une photographe réputée qui alterne portraits d’hommes politiques et shootings de mode. Le jour où elle apprend que sa mère (impressionnante Guilaine Londez) est gravement malade, elle quitte Paris pour rejoindre le village du Gard où vivent ses parents. La quadragénaire va y découvrir que sa mère n’est pas seulement mourante. Elle est, aussi, dramatiquement surendettée. À défaut de pouvoir la sauver, Lucile va s’employer à éviter que ses meubles ne soient saisis par un huissier de justice.

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Ne pas s’arrêter à ce pitch misérabiliste ! Ce premier film de Catherine Cosme donne l’occasion à cette jeune réalisatrice de transformer un lourd matériau autobiographique en une belle galerie de portraits. En marge de cette tragédie, le personnage de cette photographe un peu snob va en effet retrouver un père (Jean-Luc Piraux), artiste-peintre doux-rêveur, un frère (Yoann Zimmer) et sa fille avec lesquels elle avait perdu le contact. Elle croisera aussi des copains d’enfance qui vont l’aider à traverser ce moment difficile. Ophélie Bau campe une réconfortante infirmière, Bruno Podalydès un comptable amoureux, Dominique Reymond une banquière sensible. Et Benoît Hamon fait même une apparition. Un long-métrage touchant jusque dans ses imperfections.

« Mon grand frère et moi » ✭✭✭✭

Petite merveille

Qui a aimé La Famille Asada (2020), formidable épopée familiale entre rire et larmes, ne peut que tomber sous le charme de Mon grand frère et moi, le nouveau film du très doué Ryôta Nakano. Il s’agit d’une histoire a priori douloureuse – la vie après la mort d’un grand frère très aimé –, et pourtant la drôlerie est au rendez-vous.

« J’ai été formé à l’école Imamura (fondée par le réalisateur Shohei Imamura) et j’adore le terme “tragédie comique” utilisé par M. Imamura. C’est cela, la vraie comédie selon moi : les efforts désespérés et acharnés des personnages, à la fois drôles et attachants, dans des situations difficiles », explique le cinéaste. L’héroïne, Riko (Kô Shibasaki), ne peut se défaire de la présence permanente de son frère dans sa vie quotidienne : il surgit à tout moment, au supermarché ou dans son appartement, et de leur dialogue naît une émotion irrésistible.

« Cinque secondi » ✭✭✭

Voyage en Italie

Bienvenue en Toscane. Dans les écuries de la villa Guelfi, demeure à l’abandon qui n’en reste pas moins somptueuse, Adriano (Valerio Mastandrea) traîne sa solitude et son mal-être, conséquences – on le comprend vite – d’une tragédie passée. Et puis voici qu’une bande de jeunes s’installe dans la maison voisine. Parmi eux, Matilde (excellente Galatea Bellugi), jeune femme enceinte qui dissimule elle aussi des secrets. Adriano ne cache pas son hostilité.

Vétéran du cinéma italien, Paolo Virzi est un cinéaste sensible, attentif au lien entre les êtres et très bon directeur d’acteurs. On retrouve toutes ces qualités dans ce Cinque secondi qui manque parfois de subtilité (la tragédie vécue par Adriano se laisse deviner avec un peu trop d’insistance) mais réussit à instaurer une atmosphère où l’émotion affleure et le retour à la vie semble possible.

Mortal Kombat II ✩✩✩✩✩

Match nul

Quatrième adaptation live du célèbre jeu de NetherRealm Studios, Mortal Kombat II se résume à une succession de bastons rachitiques, reliées par un semblant d’intrigue. Un tournoi intergalactique, des combattants bodybuildés, un méchant tyran nommé Shao Kahn qui menace la Terre, et voilà, rideau ! Pour le reste, rien ne va. Tourné sur fond vert dans des hangars australiens, Mortal Kombat II est une production bas de gamme, du nanar de compétition : tout est étriqué, stupide, bref, ça pique les yeux et c’est aussi palpitant qu’un plat de nouilles réchauffé.

Les étoiles du Point : ✩✩✩✩✩ : nul ; ✭ : mauvais ; ✭✭ : moyen ; ✭✭✭ : bien ; ✭✭✭✭ : excellent ; ✭✭✭✭✭ : exceptionnel.