Le film sur la tauromachie d'Albert Serra remporte un Goya, relançant le débat
Film tauromachie d'Albert Serra remporte Goya, débat relancé

Un documentaire sur la corrida primé lors des Goya 2025

Le cinéaste catalan Albert Serra a remporté son premier Goya, l'équivalent espagnol des Césars, lors de la 40e cérémonie qui s'est tenue à Barcelone. Sa récompense dans la catégorie du meilleur documentaire pour Tardes de Soledad a particulièrement marqué les esprits, car le film explore l'univers de la tauromachie à travers le matador Andrés Roca Rey.

Une thématique polémique en pleine lumière

Dans une époque souvent décrite comme puritaine et de plus en plus sensible à la cause animale, le choix du sujet semblait audacieux, voire risqué. Pourtant, le long-métrage a su convaincre les membres de l'Academia de las Artes y las Ciencias Cinematográficas de España. Albert Serra, également nommé pour le prix du meilleur réalisateur, a ainsi vu son travail récompensé malgré la nature controversée de son thème central.

Lors de son discours de remerciement, le réalisateur de Pacifiction et de La mort de Louis XIV a tenu à saluer le courage d'Andrés Roca Rey et de son entourage. « C'était une position dangereuse parce que le sujet est très politique et difficile, et ils ont pris ce risque », a-t-il déclaré, ajoutant qu'ils l'avaient autorisé à pénétrer leur intimité pour les besoins du film.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un parcours couronné de succès international

Dès sa sortie en Espagne et sa présentation au festival de San Sebastian, Tardes de Soledad avait été qualifié de bombe esthétique et avait séduit le jury, décrochant la concha de oro. Le film a ensuite été salué aux Los Angeles Film Critics Association Awards, où il a remporté le prix du film expérimental Douglas Edward.

Sa consécration définitive sur la scène internationale est intervenue lorsque les prestigieux Cahiers du cinéma l'ont désigné meilleur film de l'année 2025. Il est notable que la revue avait choisi de mettre en une le matador Andrés Roca Rey pour illustrer son numéro de printemps, confirmant ainsi l'impact culturel de l'œuvre.

Un film qui divise et relance le débat intellectuel

L'accueil réservé au documentaire a été contrasté. Certains aficionados ont salué son postulat artistique et son approche novatrice, tandis que d'autres ont regretté une vision trop crue qui, selon eux, ne laisse pas suffisamment de place à la dimension artistique traditionnelle de la corrida.

Objectivement, le film d'Albert Serra a réussi à replacer la tauromachie dans la sphère intellectuelle et artistique, provoquant des discussions animées sur sa place dans la société contemporaine. En remportant ce Goya, Tardes de Soledad a non seulement récompensé le travail du cinéaste, mais a aussi offert une plateforme de réflexion sur un sujet qui continue de diviser l'opinion publique et les cercles culturels.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale