Festival de Cannes : histoire, Palme d'Or, stars et anecdotes
Festival de Cannes : histoire, Palme d'Or et stars

Ce mardi 12 mai 2026, le gratin du cinéma mondial fait son retour sur la Croisette pour une nouvelle édition du Festival de Cannes. Glamour, paillettes, tapis rouge et starlettes sont au rendez-vous. L'occasion de revenir sur les grands moments de ce festival prestigieux, qui aurait pu se dérouler à Biarritz.

Une naissance contrariée par l'histoire

Officiellement devenu le Festival de Cannes en 2002, l'événement débarque sur la célèbre Croisette en septembre 1946. À l'époque, ce n'est pas encore le festival de démesure que l'on connaît aujourd'hui, mais un événement politico-mondain. Sa première édition aurait dû avoir lieu bien plus tôt, en 1939. L'idée germe dans l'esprit du haut fonctionnaire Philippe Erlanger, en réaction à l'influence des fascistes et des nazis sur la Mostra de Venise. Les dates retenues sont les 1er et 20 septembre 1939. La France est prête à accueillir une armada de films français et étrangers, transportés par paquebot par la Metro-Goldwyn-Mayer. Cannes est choisie pour ses luxueux hôtels et sa salle de projection de près de 1 000 places, au détriment de Biarritz ou de Vichy. Mais le même jour, l'Allemagne envahit la Pologne, déclenchant la Seconde Guerre mondiale. Il faudra attendre 1946 pour que le Festival tienne sa première édition, du 20 septembre au 5 octobre, dans l'ancien casino de la ville.

Du Grand Prix à la Palme d'Or

La plus haute récompense attribuée lors de la première édition est un « Grand Prix », décerné à 11 films sur 44 en compétition, chaque pays participant recevant un Grand Prix pour le meilleur film présenté. Parmi les premiers lauréats figurent Le Poison de Billy Wilder et La Symphonie pastorale de Jean Delannoy. Dès sa première édition, le Festival est un succès. Le public suit ses péripéties aux actualités cinématographiques et les films récompensés triomphent en salles. En 1949, Le Troisième Homme dépasse 6 millions d'entrées ; en 1953, Le Salaire de la peur cumule près de 7 millions d'entrées. À cette époque, des chars fleuris défilent sur la Croisette pour une « bagarre de fleurs », tradition qui s'est estompée.

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La célèbre Palme d'Or est attribuée à partir de 1955. Le symbole de la palme est emprunté aux armoiries de la ville de Cannes, station balnéaire aux centaines de palmiers. La légende veut que Jean Cocteau ait imaginé sa forme effilée, mais c'est la créatrice Suzanne Lazon qui remporte le concours de dessin. Le premier film à recevoir la Palme d'Or est Marty de Delbert Mann.

L'arrivée des starlettes

Dès les années 1950, l'arrivée de célébrités comme Kirk Douglas, Sophia Loren, Grace Kelly, Brigitte Bardot, Cary Grant, Romy Schneider, Alain Delon, Simone Signoret ou Gina Lollobrigida fait grimper la popularité du festival. C'est aussi l'époque des starlettes, jeunes femmes inconnues en quête de gloire, souvent peu vêtues sur la Croisette, pour le plus grand plaisir des photographes. Parmi les premières actrices à faire la promotion de leur film en maillot de bain, Michèle Morgan pour La Symphonie pastorale en 1946. Brigitte Bardot devient un véritable mythe. Les hommes aussi se présentent en maillot de bain, comme Arnold Schwarzenegger en 1977.

Une musique emblématique

Cannes, c'est aussi une mélodie lyrique, aérienne et délicate, que tout cinéphile connaît par cœur. Depuis 1990, la bande-son du Festival est celle des premières notes de L'Aquarium, extraite du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns. Ce générique est joué en prélude de chaque projection en sélection officielle et lors de l'arrivée des équipes sur le tapis rouge.

Trois interruptions

Depuis sa création, le Festival de Cannes a connu trois interruptions : en 1939 à cause de la Seconde Guerre mondiale, en 1968 en raison des événements de Mai 68 (la fronde de réalisateurs comme Jean-Luc Godard et François Truffaut aboutit à la clôture prématurée du 21e festival, la Palme d'Or n'est pas remise), et en 2020 en raison de la pandémie de Covid-19.

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Madonna, Benigni, Tarantino : trois grandes surprises

Le Festival a connu des émeutes avec les venues de Robert Pattinson, Justin Bieber ou Nabilla, mais aucune comparable à celle de Madonna en 1991. Venue présenter In Bed with Madonna, elle parcourt le tapis rouge dans une tenue osée de Jean-Paul Gaultier, attirant une foule immense. En 1998, Roberto Benigni reçoit le Grand Prix pour La vie est belle ; il saute de joie, s'agenouille devant Martin Scorsese, lui baise les pieds et embrasse tout le jury. En 2009, Quentin Tarantino improvise une danse en montant les marches pour Inglourious Basterds, rejoint par Mélanie Laurent et le reste du casting.

La déferlante #MeToo

Suite à l'affaire Harvey Weinstein, le Festival de Cannes 2018 devient une tribune féministe. Sur les marches, 82 femmes du cinéma (référence aux 82 films présentés entre 1946 et 2018) posent pour lutter contre les disparités de traitement. Asia Argento prononce un discours poignant contre les violences sexuelles dans l'industrie. Une révolution !

Vingt-quatre marches et quelques dérapages

Au début des années 1980, la mairie de Cannes construit un gigantesque Palais des congrès qui accueille le Festival. Les vingt-quatre marches extérieures changent la physionomie de l'événement. Le public et les télévisions du monde entier s'y pressent pour voir défiler les stars. Les petits dérapages, comme ceux de Sophie Marceau en 2005 et 2015 (qui laisse apparaître un peu trop), font le bonheur des paparazzis.