Fernandel, l'éternel sourire marseillais du cinéma français, disparaissait il y a plus de 50 ans
Révélé au grand public grâce aux films emblématiques de Marcel Pagnol et resté dans les mémoires collectives comme l'irrésistible Don Camillo, Fernandel, avec son accent marseillais inimitable et son large sourire communicatif, fut incontestablement l'un des acteurs les plus populaires et les plus aimés du cinéma comique français du siècle dernier. Il nous quittait le 26 février 1971, à l'âge de 67 ans, laissant derrière lui une œuvre cinématographique riche et un personnage public chaleureux.
Un hommage audio unique : sa vie racontée par lui-même
En 1964, sur les ondes de Radio-Luxembourg, Fernandel enregistra une série d'émissions particulièrement touchantes sur l'histoire de sa vie, narrée de sa propre voix. Ce témoignage précieux offre un aperçu intime du parcours de l'artiste, de ses débuts à sa consécration.
La collaboration fondatrice avec Marcel Pagnol
La carrière de Fernandel est indissociable de celle de Marcel Pagnol. Dès 1938, il tourne sous sa direction dans Le Schpountz, un film qui marque le début d'une fructueuse collaboration. En 1951, il incarne le personnage titre dans l'adaptation de Topaze, confirmant son talent pour les rôles à la fois comiques et touchants. Pagnol sut magnifiquement exploiter le naturel et la sensibilité de l'acteur.
L'apogée avec Don Camillo et la reconnaissance internationale
Le rôle qui le rendra définitivement immortel est sans conteste celui du curé Don Camillo, face à Gino Cervi en maire communiste, dans Le Petit Monde de don Camillo en 1952 et sa suite La Grande Bagarre de don Camillo en 1955. Ces films, diffusés dans le monde entier, firent de lui une star internationale. Son jeu, mêlant malice et bonté, a traversé les générations.
Une carrière éclectique et des rencontres prestigieuses
Fernandel a su diversifier ses rôles et collaborer avec les plus grands. En 1953, il tourne L'Ennemi public n°1 d'Henri Verneuil aux côtés de la star hollywoodienne Zsa Zsa Gabor. Sa présence est également remarquée sur la Croisette, comme en 1956 au Festival de Cannes où il pose avec Carmen Sevilla. Il partage aussi l'affiche et l'amitié avec des monstres sacrés comme Jean Gabin, avec qui il est photographié aux Eaux-Bonnes.
Les succès des années 1950-1960 et l'héritage familial
La fin des années 1950 voit un autre grand succès avec La Vache et le Prisonnier (1959) d'Henri Verneuil, où son talent dramatique perce. L'acteur transmet aussi sa passion à son fils, Franck Fernandel, comme en témoigne leur présence commune en 1963 à la projection parisienne du film En avant la musique. Dans une interview à Toulouse en mars 1970, le chanteur, humoriste, acteur et parfois réalisateur marseillais, de son vrai nom Fernand Contandin, apparaît serein, quelques mois seulement avant sa disparition.
Une disparation qui marqua la France
Le 26 février 1971, la Une de Sud Ouest annonce le décès de Fernandel. La France perd ce jour-là un de ses visages les plus sympathiques et un géant du rire. Plus de cinquante ans après, son large sourire et ses interprétations généreuses continuent de faire partie du patrimoine culturel français et d'émouvoir les spectateurs, jeunes et moins jeunes.



