Documentaire sur les femmes résistantes : une association varoise a besoin de votre aide
Docu sur les résistantes : l'association varoise a besoin d'aide

Un documentaire en péril

L'association Provence 44 Productions (P44P), basée à La Motte, a lancé une cagnotte en ligne sur la plateforme Helloasso pour soutenir la réalisation de son sixième documentaire intitulé Résistantes, les oubliées de l'armée de l'ombre. Ce financement participatif est essentiel pour achever le tournage en cours, dont la diffusion est prévue à l'occasion des commémorations du débarquement de Provence en août prochain.

Fonctionnant principalement grâce au bénévolat, l'association doit couvrir des postes incompressibles tels que les logiciels de post-production, les assurances ou encore le transport très coûteux des véhicules lourds d'époque prêtés par des collectionneurs.

De l'ombre à la lumière

Créée en 2018, P44P consacre son nouveau projet aux femmes dans la résistance. Le président Philippe Natalini explique ce choix : « Il y a seulement six femmes sur 1 068 compagnons de la libération nommés par de Gaulle. Nous réalisons un film sur celles qui ont aussi combattu dans l'armée de l'ombre. »

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Le documentaire retrace le parcours croisé de figures héroïques régionales : Germaine Michel-Jaffard, Esther Poggio, Hélène Vagliano, Hélène Vidal, Thérèse Cazelles, Françoise Concas, ainsi que Lucie Bertin et sa fille Abèle-France Ataroff. Certaines étaient âgées d'à peine 14 ans. Leur point commun ? Un rôle crucial dans la mise en sécurité d'une famille juive persécutée fuyant les rafles.

Une quête d'authenticité

La rigueur historique est primordiale pour l'équipe. « On n'invente rien. C'est la réalité », affirme le président, également scénariste. Il s'appuie sur les archives départementales et sur les travaux d'historiens comme Jean-Marie Guillon et Jean-Louis Panicacci, spécialistes de la Résistance azuréenne et du Débarquement de Provence, qui détaillent le parcours et l'action de chaque résistante face caméra.

Surtout, l'association a réussi à recueillir les témoignages filmés directs de deux résistantes encore en vie : Françoise Concas et Abèle-France Ataroff, toutes deux âgées de 96 ans. « Rien ne vaut le témoignage poignant donné par celles et ceux qui ont vécu les évènements », confie Philippe Natalini.

Un casting digne d'un péplum

Le tournage associatif, débuté il y a plusieurs week-ends, prendra fin le 6 juin 2026. Place ensuite au montage. Avec près de 200 personnes sur l'ensemble du tournage, l'ampleur logistique est impressionnante. L'authenticité visuelle des costumes, armes et véhicules est assurée grâce à l'apport des membres, acteurs et figurants bénévoles de plusieurs associations de reconstitution de la Seconde Guerre mondiale.

« Le réalisme est rendu possible aussi grâce au concours de Thierry Martin, président du musée de la libération du Muy et vice-président de notre association », souligne Philippe Natalini. « Il se déplace sur les tournages avec un fourgon rempli d'effets pour habiller les figurants. Sans lui, il n'y aurait pas de film. »

Une vocation pédagogique

Cet immense effort collectif répond à la vocation première de P44P : transmettre l'histoire de la résistance grâce aux films, auprès de tous les publics lors de projections demandées par les municipalités autour des commémorations, et surtout dans les établissements scolaires avec l'intervention de l'équipe de réalisation. Cette contribution pédagogique rencontre une demande grandissante de la part des professeurs d'histoire, qui s'étend même au-delà des frontières de l'académie de Nice, laquelle a délivré un agrément d'association complémentaire de l'enseignement public à P44P.

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