De Gaulle, l'épopée d'un homme seul : un diptyque ambitieux et spectaculaire
De Gaulle : un diptyque spectaculaire sur l'homme du 18 juin

Pour évoquer l'homme de l'appel du 18 juin, le général qui a sauvé l'honneur de la France, refusant la capitulation et l'occupation nazie, il fallait un projet ambitieux, à la hauteur de l'enjeu, dans la lignée des grosses productions anglo-saxonnes comme Dunkerque ou Il faut sauver le soldat Ryan. Le réalisateur Antonin Baudry l'a bien compris dès le premier volet (La bataille de Gaulle : l'âge de fer) de son diptyque consacré au général, pour lequel il a déployé les gros moyens sans jamais s'écarter d'un récit qui a du souffle.

Un scénario fidèle à l'Histoire

Le scénario, coécrit avec Bérénice Vila d'après l'ouvrage de l'historien Julian Jackson (De Gaulle : une certaine idée de la France, au Seuil), suit fidèlement l'Histoire et la chronologie de 1940 à 1942. Dès le prologue, le ton est donné, spectaculaire, avec l'entrée en guerre de l'Allemagne et la débâcle dans la Meuse où un colonel inconnu, à la tête d'une colonne de chars, charge l'ennemi allemand à Montcornet, sûr de lui, « dans la direction de mon bras, droit devant », dit-il.

Un film au rythme soutenu

Six ans de travail et un tournage mouvementé ont été nécessaires pour raconter, dans un film loin de toute hagiographie, le combat d'un homme seul qui débarque à Londres, sans armée, sans soutien, et parle au nom de la France. À l'ambassade de France, qui ne compte que des Pétainistes, on le prend pour un illuminé qui lie son destin à celui de la France, mais Churchill l'écoute et lui accorde de prendre la tête de la France libre. C'est le début d'une relation parfois orageuse qui nous vaut tout au long du film des face-à-face complices ou méfiants entre les deux hommes.

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Le film se transforme alors en véritable suspense où tout l'enjeu est de savoir si le général pourra ou non rassembler les combattants de la France Libre. L'intrigue avance à rythme soutenu, dévoilant comment de Gaulle lance l'appel du 18 juin à la BBC, constitue son cabinet de guerre, construit sa stratégie en Afrique avec le contrôle du Tchad et du Cameroun, confie à Jean Moulin (Félix Kysyl) la mission d'unifier la Résistance en France.

Des scènes de bataille impressionnantes

Sur le terrain, les scènes de bataille, comme celles poignantes de Bir Hakeim en Libye, sont impressionnantes de violence et de réalisme. La caméra colle au plus près des visages et des corps de ces soldats qui, sous le commandement du général Koenig (Benoît Magimel), résistent aux chars de Rommel. Pendant ce temps-là, à Paris, on découvre une autre histoire, celle d'un jeune étudiant, Fernand (Florian Lesieur), qui participe à la résistance au côté d'une jeune juive (Anamaria Vartolomei) avant de connaître une fin tragique à Alger. Ces récits résonnent comme un écho à la rébellion d'un général intransigeant, stoïque, incarné avec une puissance toute intérieure par un Simon Abkarian austère, marmoréen, théâtral, inflexible et très convaincant.

Des joutes mémorables avec Churchill

Ses joutes avec le faux débonnaire Churchill (l'excellent Simon Russell Beale) nous valent de plonger au cœur des coulisses de la Seconde Guerre mondiale avant l'entrée en guerre des États-Unis, traité dans le second volet (La bataille de Gaulle : j'écris ton nom, le 3 juillet). De quoi donner à ce diptyque de cinq heures, porté par d'excellents acteurs – Mathieu Kassovitz (le général Darlan), Niels Schneider (le général Leclerc), Loïc Corbery (Pleven) – une allure d'épopée.

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