Danse avec les loups : l'épopée intemporelle de Kevin Costner qui a ressuscité le western
Danse avec les loups : l'épopée intemporelle de Kevin Costner

Danse avec les loups : un classique contemporain né d'une aventure risquée

Danse avec les loups demeure l'un de ces films rares qui font l'unanimité, une œuvre marquante et intemporelle qui a confirmé son statut de classique contemporain. Ce grand spectacle romantique et profondément humaniste cache pourtant une genèse particulièrement difficile.

Un projet rejeté par tous les studios hollywoodiens

Lorsque Kevin Costner, alors âgé de 34 ans, se lance dans son premier film en tant que réalisateur, aucun studio ne veut financer son projet. Les sept Majors refusent catégoriquement de cautionner un western de trois heures - un genre pratiquement enterré depuis quinze ans - dont la plupart des dialogues sont en langue lakota, nécessitant des sous-titres que les Américains détestent traditionnellement.

L'acteur, conscient qu'un échec pourrait remettre en question son statut de star, prend pourtant le risque de produire son film lui-même. Il trouve le financement seul et s'associe avec le distributeur indépendant Orion Pictures, réputé pour défendre les auteurs. Costner supervise entièrement le montage de son long-métrage et, lorsqu'on lui demande de réduire la durée à 2h20, il tient bon, inflexible.

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Une immersion authentique dans la culture sioux

Le scénario, tiré du roman extrêmement documenté de son ami Michael Blake, raconte l'histoire du lieutenant nordiste John J. Dunbar en 1863. Cet officier de l'Union, écœuré par la Guerre civile, décide de fuir le monde « civilisé » pour s'installer seul dans un fort abandonné au milieu des plaines du Dakota.

Dans ce poste-frontière totalement isolé, il organise sa survie et va chercher - et trouver - un nouveau sens à sa vie. Après avoir établi un contact avec les Sioux, Dunbar adopte progressivement leurs rites, apprend leur langage, s'intègre à la communauté et s'éprend d'une femme de la tribu, une Blanche baptisée « Dressée avec le poing ».

Kevin Costner dira de son personnage : « Mon personnage, c'est quelqu'un de simple, d'ouvert, qui aime la nature et qui est curieux des autres. Il est assez proche de ma philosophie de la vie. » Pour cette raison, Danse avec les loups devient un hymne à la fraternité d'une ampleur inhabituelle.

Une authenticité révolutionnaire pour l'époque

Le film présente une particularité remarquable : tous les rôls d'Indiens sont interprétés par de véritables Amérindiens, qui tournent en parlant le lakota, le principal dialecte des Sioux. Kevin Costner y tenait particulièrement car son grand-père paternel était d'origine cherokee.

Entièrement tourné en extérieur, le film a été réalisé dans l'ordre chronologique pour respecter le changement des saisons - un procédé très rare dans le cinéma. Les prises de vues se sont étalées sur cinq mois, de juillet à décembre 1989, dans le Dakota du Sud et dans le Wyoming.

Des séquences devenues mythiques

Plusieurs séquences du film sont devenues inoubliables. La scène d'ouverture où Dunbar s'élance les bras en croix sur un cheval entre les deux lignes ennemies reste gravée dans les mémoires. Mais le grand morceau de bravoure du métrage est sans conteste celle où défile à l'écran un troupeau de 3 500 bisons en furie !

Cette séquence épique nécessita la présence de nombreux cascadeurs, l'utilisation d'un hélicoptère, de dix camions, de neuf caméras et l'aide du réalisateur Kevin Reynolds. Derrière comme devant la caméra, Costner s'est énormément impliqué dans ce projet, injectant trois millions de dollars de sa poche pour boucler le budget.

Un western aux enjeux écologiques avant-gardistes

Danse avec les loups est aussi un western aux enjeux écologiques remarquables. Dunbar vit en harmonie avec la nature, symbolisée par son amitié avec un loup solitaire qu'il apprivoise progressivement. Le film montre une Amérique sauvage sans clôtures grillagées, ni poteaux télégraphiques, ni rails de chemin de fer, avec des plaines qui s'étirent à perte de vue.

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En cette année 1863, Dunbar désire voir à tout prix la Frontière, c'est-à-dire l'extrême fin de la terre et de la civilisation, « avant qu'elle ne disparaisse ». Ce film à la beauté élégiaque montre des territoires encore inviolés, porté par la musique symphonique magistrale de John Barry.

Un triomphe planétaire et une reconnaissance historique

À sa sortie, Danse avec les loups reçoit un accueil triomphal. Doté d'un budget de 18 millions de dollars, il en rapporte 424 dans le monde. En France, il se place à la première place du box-office en 1991 avec près de 7,3 millions d'entrées, malgré une durée de trois heures qui réduit le nombre de séances quotidiennes.

Kevin Costner obtient une reconnaissance planétaire et son film est récompensé par sept Oscars : Meilleur film, réalisateur, scénario adapté, photo, musique, montage et mixage son. On n'avait pas vu un western remporter la statuette du Meilleur film depuis La ruée vers l'Ouest en 1931.

Un héritage cinématographique durable

Un an plus tard, Kevin Costner présente une version longue de près de quatre heures de son film. Il reviendra au western en tant que réalisateur avec l'excellent Open Range en 2003, dont il partage la vedette avec Robert Duvall.

Trente-cinq ans après sa sortie, Danse avec les loups n'a pas pris une ride. Ce formidable plaidoyer pour la tolérance et le rapprochement entre les peuples reste d'une actualité brûlante. Même si ce film qui mérite l'écran large est toujours un peu à l'étroit lors de son passage à la télévision, son message humaniste continue de résonner avec force.

Le film de Kevin Costner (États-Unis, Grande-Bretagne, 1990) dure 3h01 et réunit Kevin Costner, Mary McDonnell, Graham Green, Wes Studi et Rodney A. Grant dans des rôles mémorables qui ont marqué l'histoire du cinéma.